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24/07/2013 04:58 EDT | Actualisé 23/09/2013 05:12 EDT

Un déraillement de train aurait fait 40 morts dans le nord-est de l'Espagne

MADRID - Au moins 40 personnes ont péri et plus de 140 autres ont été blessées lorsque qu'un train circulant dans le nord-est de l'Espagne a déraillé, mercredi, renversant des wagons de passagers.

Le bilan de la tragédie, survenue à Saint-Jacques-de-Compostelle, diffère selon les autorités.

Le président du gouvernement régional de la Galicie, Alberto Nunez Feijoo, affirme qu'au moins 40 personnes ont été tuées dans l'accident. Toutefois, le président du plus important tribunal de la région, Miguel Angel Cadenas, aurait déclaré, selon une station de radio locale, que l'accident a tué 56 personnes.

Au dire de responsables, il s'agit du pire accident ferroviaire depuis des décennies.

Des corps recouverts de linceuls étaient alignés près des rails, alors que les intervenants d'urgence tentaient de faire sortir les passagers coincés dans les wagons. Certains d'entre eux ont été extirpés de fenêtres fracassées, et un homme accroupi, installé sur une voiture renversée sur le côté, essayait de casser une fenêtre à coups de pioche. Des images montraient un wagon reposant sur son extrémité, l'autre étant tordue. Un autre wagon, éventré, gisait sur une route près de la voie.

L'accident s'est produit près de la ville célèbre pour son importance au sein de la foi catholique, alors que des milliers de pèlerins doivent converger sur la municipalité en vue d'une fête religieuse annuelle.

Les équipes de secours sont toujours à l'oeuvre dans les ruines fumantes du train, jeudi matin, un peu avant l'aube.

Dans une déclaration transmise par voie de communiqué, le transporteur ferroviaire national, Renfe, a indiqué que 218 passagers et un nombre non précisé d'employés se trouvaient à bord du train de huit wagons lorsque l'accident est survenu à 20h41 heure locale (14h41 heure de Montréal), sur une section de la voie inaugurée il y a deux ans.

Renfe a également annoncé que l'entreprise — et l'agence d'administration des infrastructures ferroviaires (Adif) — collaboraient avec un juge qui a été sélectionné pour enquêter sur l'accident.

Les médias espagnols font état de nombreux blessés, Cadena Ser citant des responsables gouvernementaux parlant d'une centaine de personnes, sans toutefois donner de détails sur la gravité de leurs blessures.

Des responsables de Saint-Jacques-de-Compostelle ont annulé des cérémonies prévues pour jeudi.

L'accident est survenu environ une heure avant le coucher du soleil, après que le train eut émergé d'un tunnel et déraillé dans un virage, projetant des voitures à l'extérieur de la voie.

Au moins un wagon a pris feu dans une scène aux allures «dantesques», a déclaré M. Feijoo.

«Le train se déplaçait très rapidement, a déraillé, puis s'est renversé sur l'extérieur de la courbe de la voie, a déclaré au Cadena Ser Sergio Prego, l'un des passagers. C'est un désastre. J'ai été très chanceux parce que je suis l'un des rares à avoir pu m'en tirer.»

Un photographe présent sur les lieux dit avoir vu ce qui semblait être des dizaines de cadavres, alors que les intervenants d'urgence procédaient à l'extraction des corps.

Des responsables ont dit croire que le déraillement était un accident, mais n'ont pas voulu donner plus de détails, affirmant qu'une enquête était en cours pour déterminer la cause de la catastrophe. Aucune hypothèse n'a été avancée en lien avec un possible acte terroriste, semblable aux attaques contre des trains de passagers à Madrid, en 2004. Les attentats avaient fait 191 morts.

Bien que le train impliqué dans l'accident ne soit pas l'un des trains à grande vitesse espagnols, il s'agissait d'une version relativement luxueuse qui utilisait les mêmes rails que les TGV.

Il s'agit du plus grave accident ferroviaire du pays depuis 1972, lorsque qu'une autre catastrophe avait fait 77 morts à Séville.