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23/07/2013 08:46 EDT | Actualisé 22/09/2013 05:12 EDT

Six morts dans les affrontements de la nuit en Égypte

LE CAIRE, Égypte - Des affrontements entre partisans et opposants du président égyptien destitué, survenus mardi avant l'aube près du principal campus de l'université du Caire, ont fait six morts, a annoncé un haut responsable médical.

Khaled el-Khateeb, qui dirige le département des urgences et des soins intensifs au ministère de la Santé, a déclaré que les six personnes avaient été tuées près de l'endroit où des partisans de Mohammed Morsi tiennent un «sit-in» depuis trois semaines.

La destitution du président Morsi par l'armée, le 3 juillet, est survenue après des manifestations de millions de personnes réclamant le départ du président islamiste. Ses partisans réclament son retour au pouvoir et refusent de participer à la transition politique supervisée par les militaires.

Les affrontements de la nuit se sont produits après une journée marquée par des violences. Dans la ville de Qalioub, au nord du Caire, trois personnes ont été tuées lundi lors d'un affrontement entre partisans et opposants de M. Morsi. Des partisans des deux camps se sont aussi affrontés près du lieu du «sit-in» des pro-Morsi, dans l'est du Caire, de même que sur la place Tahrir, épicentre du soulèvement de 2011 qui a mené au renversement du dictateur Hosni Moubarak.

Plus de 80 personnes ont été blessées lundi, selon M. El-Khateeb.

La famille de Mohammed Morsi a dénoncé l'armée lundi lors d'une conférence de presse, l'accusant d'avoir «enlevé» le président démocratiquement élu, détenu depuis trois semaines sans aucun contact avec ses proches. Les ministres européens des Affaires étrangères ont également réclamé sa libération.

Le sort de M. Morsi, qui est détenu sans accusation, est devenu le nouveau point focal de la bataille politique entre les Frères musulmans et le nouveau gouvernement appuyé par les militaires.

Le président par intérim, Adly Mansour, a renouvelé ses appels à la réconciliation lors d'un discours télévisé lundi soir.

«Nous voulons tourner la page du livre de la nation», a-t-il dit. «Pas de mépris, pas de haine, pas de divisions et pas de collisions.»

Son discours marquait le 61e anniversaire du coup d'État militaire qui a renversé la monarchie et ouvert la porte à des décennies de régime militaire de facto.