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22/07/2013 11:31 EDT | Actualisé 21/09/2013 05:12 EDT

Syrie : un groupe important des rebelles veut instaurer un État islamique 

Le chef du Front Al-Nosra, un groupe djihadiste qui occupe une place significative dans la rébellion armée contre le régime syrien, a affirmé qu'il rejetait le système d'élections et de partis politiques, appelant à un État islamique en Syrie.

« Nous, en tant que musulmans, ne croyons ni aux partis politiques ni aux élections parlementaires, nous croyons à une gouvernance islamique basée sur la choura (assemblée consultative) et la justice », a indiqué cheik Abou Mohamed al-Joulani.

« Le moyen d'appliquer la charia [loi islamique], c'est à travers le djihad. La charia libère l'homme des lois rédigées par l'être humain », a-t-il souligné, dans un enregistrement audio relayé par des sites islamistes.

Selon cheik Joulani, la communauté internationale tente d'imposer un « compromis » en Syrie lors des prochaines élections présidentielles en 2014, en voulant remplacer le président Al-Assad par un autre « tyran ».

Par ailleurs, le chef d'Al-Nosra s'en est pris au Hezbollah chiite libanais, qui combat aux côtés du régime syrien, affirmant que l'action du parti ne sera pas « impunie ».

Al-Nosra, qui avait prêté allégeance à Al-Qaïda en avril dernier, est doté d'armes sophistiquées. Le groupe s'est au fil du temps imposé comme un acteur incontournable dans le conflit.

Il s'est notamment distingué en revendiquant certains attentats à la voiture piégée entre autres à Damas. Cependant, son image s'est détériorée en raison de ses exactions contre la population.

Récemment, la tension est montée d'un cran entre les jihadistes d'Al-Nosra et les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), en raison des multiplications des exactions.

En juin dernier, des mères de famille ont manifesté contre Al-Nosra pour avoir kidnappé des combattants de l'ASL.

Fin mai, le Conseil de sécurité de l'ONU avait annoncé avoir ajouté le front Al-Nosra à sa liste d'organisations « terroristes », en raison de liens avec Al-Qaïda.

Un autre site historique détruit

Un mausolée datant du XIe siècle a été détruit, lundi, dans la ville de Homs par les obus de l'armée syrienne selon les rebelles. Il s'agit du mausolée de Khaled Ben Walid, un compagnon du prophète Mahomet.

« La mosquée Khaled Ben Walid a été bombardée et le mausolée a été complètement détruit », dit le militant anonyme dans une vidéo publiée sur Internet.

La vidéo montre également un inconnu lancer : « Je m'adresse aux Arabes et aux musulmans : maintenant que le sanctuaire de Khaled Ben Walid a été détruit, comment pourrez-vous vous présenter devant Dieu? Pourquoi avez-vous abandonné Homs alors qu'elle est assiégée? ».

Khaldyié et le Vieux Homs, contrôlés par les rebelles, sont depuis plus d'un an assiégés par les troupes et bombardés régulièrement.

Le mausolée de Khaled Ben Walid s'ajoute à la liste des sites religieux et culturels syriens endommagés ou détruits depuis le début de ce conflit sanglant.

À Alep (nord), le minaret de la mosquée des Omeyyades a été détruit en avril, alors qu'une partie du Vieux souk a été brûlée en septembre.

En juin, l'UNESCO avait ajouté plusieurs sites syriens sur la liste du patrimoine en péril.