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21/07/2013 10:07 EDT | Actualisé 20/09/2013 05:12 EDT

Japon : la coalition au pouvoir remporte les sénatoriales

La coalition du premier ministre japonais Shinzo Abe a remporté dimanche une victoire décisive aux élections sénatoriales, ce qui renforce sa marge de manœuvre économique et donne au pays son premier gouvernement stable depuis le départ de Junichiro Koizumi en 2006.

Selon les derniers sondages réalisés à la sortie des urnes, le Parti libéral-démocrate (PLD) du premier ministre et le Nouveau Komeito, son partenaire au sein de la coalition, remporteraient plus de 70 des 121 sièges renouvelables dimanche à la Chambre des conseillers. Le Sénat compte 242 sièges.

En y ajoutant les 59 sièges de la coalition qui ne sont pas appelés au renouvellement, cela donne à la coalition une large majorité qui solidifiera l'assise de Shinzo Abe.

Les bureaux de vote ont ouvert à 7 h (heure locale) et fermeront à 20 h. Les résultats définitifs seront connus dans la soirée de dimanche, ou lundi à l'aube.

Aucune autre élection parlementaire n'est par ailleurs prévue au Japon avant 2016, ce qui donne au gouvernement une marge de manoeuvre plus large pour réformer l'économie.

« Les gens voulaient des hommes politiques qui puissent prendre des décisions et une administration qui soit dotée d'une base stable, ce qui donne le résultat que nous observons aujourd'hui », a déclaré le vice-président du PLD, Masahiko Komura, à la chaîne NHK.

Changement

Selon les sondages de sortie des urnes, le principal parti d'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ), ne gagnerait que 21 sièges ou moins, sa plus grande déconvenue électorale depuis sa fondation en 1998.

La victoire du PDL signe la rédemption politique de Shinzo Abe, qui avait mené son parti à la défaite aux sénatoriales de 2007. L'opposition avait alors pu bloquer le processus législatif et le premier ministre avait démissionné deux mois plus tard.

Après une succession de premiers ministres éphémères, Shinzo Abe, qui est âgé de 58 ans, est revenu au pouvoir à l'issue d'une large victoire de son parti, le Parti libéral-démocrate (PLD) et de son allié, le Nouveau Komeito, à la chambre basse du Parlement, la Chambre des représentants, en décembre dernier.

Shinzo Abe a promis de rester centré sur l'économie avec ses « Abenomics », mélange de politiques monétaires ultra-accommodantes, de dépenses budgétaires et de réformes structurelles.

« Les " Abenomics " agissent en douceur et les gens veulent que nous réussissions à faire en sorte qu'ils puissent bénéficier de leurs retombées », a déclaré le vice-président du PLD dimanche.

Shinzo Abe pourrait aussi vouloir réviser la constitution pacifiste du pays adoptée après la Seconde Guerre mondiale et reprendre l'histoire du Japon de cette époque avec une tonalité moins tournée vers le repentir.

Un tel changement, couplé à des décisions visant à renforcer la défense du pays, risque de refroidir encore les relations avec la Chine et la Corée du Sud, où les souvenirs du militarisme japonais d'autrefois sont encore bien présents.

Le PDL et les deux plus petits partis qui soutiennent la révision de la constitution pacifiste du pays semblent ne pas avoir obtenu la majorité des deux tiers nécessaire au Sénat pour réviser la constitution et la soumettre à un référendum populaire, selon les sondages réalisés à la sortie des urnes. Ces partis disposent d'une majorité des deux tiers à la Chambre des représentants.

Selon une enquête de Reuters, les entreprises japonaises souhaitent en général une victoire du PLD, mais craignent qu'en cas de succès trop important, Shinzo Abe ne donne la priorité aux politiques nationalistes aux dépens de l'économie, comme ses détracteurs l'accusent de l'avoir fait lors de son mandat chahuté en 2006-2007.

Reuters