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01/07/2013 09:53 EDT | Actualisé 31/08/2013 05:12 EDT

Festival de jazz 2013 : Gregory Porter, la nouvelle sensation

PC

Tout va pour le mieux pour le chanteur américain Gregory Porter qualifié de « sauveur du jazz vocal ». Deux albums (Water et Be good) acclamés en Amérique et en Europe, une récente nomination aux Grammy, des salles qui se remplissent puis la sortie d'un disque (en septembre) signé chez Blue Note/Universal. Il était venu l'an passé au Festival international de jazz de Montréal et avait fait très bonne impression. Il passait de nouveau en ville pour se produire, lundi soir, dans un Club Soda rempli.

« The brilliant new voice of jazz » a dit un collègue américain du Huffington Post. « A major jazz talent » a affirmé le magazine spécialisé Downbeat. On ne mâche pas ses mots pour décrire le talent de cet auteur-compositeur que l'on compare (du moins au niveau de l'héritage musical) souvent à Nat King Cole, Bill Withers, Donny Hathaway et Marvin Gaye (ce dernier fait d'ailleurs partie du texte de la chanson On My Way To Harlem, offerte en début de concert).

Elle est arrivée élégante et en pleine forme sur la scène du Club Soda la nouvelle sensation jazz. Accompagné de quatre bons musiciens (piano, batterie, contrebasse et saxophone), Porter envoie Painted On Canvas, fortement teinté de soul. Comme il expliquera plus tard, ce morceau est une métaphore au respect des personnes lors des rencontres.

Viendra ensuite On My Way To Harlem, influencé de la tradition soul/jazz des années 1960. Ad lib vocaux, rythmes rapides des instruments, solos bien sentis, la chanson à du panache. « You can't keep me away from where I was born... I was raised up by a sweet sound of a jazzman... », chantera-t-il en hommage à Marvin Gaye.

« Love, a liquid spirit »

Juste après, la ballade No Love Dying (de son album prévu pour septembre) propose des arrangements délicats, feutrés, qui font place à un long solo doucereux au saxophone. Ça sent définitivement l'amour.

Entraînante à souhait, la pièce-titre du futur disque Liquid Spirit fera par la suite taper des mains les spectateurs. L'esprit est aux influences gospel, louisianaises et R'n'B. Superbe.

Son interprétation du standard de jazz I fall In Love too Easily de Chet Baker sera ensuite moins réussie. Trop de sucre, peut-être, et pas assez d'authenticité, de chien.

Par contre, la pièce Work Song, de Nat Adderley, sera fort réussie. Bel élan de la formation, particulièrement du côté de la batterie, qui prendra les devants. Soulignons aussi le passage très efficace offert a capella par Porter.

Avec passion et habileté, Porter aura voyagé dans son répertoire, mais également dans le temps. Un jazz chanté franchement inspiré.

Les raisons de ce succès sont certainement multiples. Son charisme chaleureux en est une, la sensibilité de sa plume en est une autre. Ajoutons à ceci le timbre riche de sa voix, qui lui permet d'exploiter plusieurs univers musicaux.

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