Pixar plonge dans le passé de ses monstres préférés dans "Monstres Academy"

Le studio Pixar remonte pour la première fois dans le passé de ses personnages, en racontant dans "Monstres Academy" l'improbable rencontre entre le petit cyclope vert et le colosse à fourrure bleue, Mike et Sulley, qui firent en 2001 le succès de "Monstres et Cie".

Le 14e long métrage du studio multi-oscarisé, racheté par Disney en 2006, sort vendredi sur les écrans nord-américains et le 10 juillet en France.

Si Pixar a habitué ses fans aux suites -- "Cars 2", "Toy Story" 2 et 3 -- c'est la première fois qu'il se lance dans un "prequel", c'est-à-dire une histoire se déroulant chronologiquement avant le film original.

"Monstres et Cie", bijou de la veine poétique du studio, avait créé un monde de monstres, où l'énergie est générée par les cris des enfants. Une armée de créatures plus effrayantes les unes que les autres était donc dépêchée dans les chambres de bambins pour les faire hurler le plus fort possible.

Sulley, sorte de croisement entre un dinosaure et un ours bleu, y était l'un des "effrayeurs" en chef, fidèlement assisté par son ami Mike, un petit cyclope vert et rondouillard à l'oeil démesurément grand.

Dans "Monstres Academy", on découvre comment les compères se sont rencontrés à l'université, alors que Sulley, grande gueule et dilettante, était déjà le meilleur monstre du campus et que Mike, timide et bosseur, caressait encore le rêve de rejoindre l'élite des "effrayeurs", malgré des aptitudes limitées.

"Nous avons toujours voulu raconter comment Mike avait cherché à devenir un +effrayeur+", explique à l'AFP Dan Scanlon, le réalisateur du film. "Nous savions que le coeur de l'histoire, c'était d'observer comment on réagit quand on se prend un mur, ou quand les portes se ferment devant vous", poursuit-il.

Encore fallait-il trouver la trame scénaristique pour raconter cela. "Nous avions l'université, OK, mais que font-ils, à l'université?".

Le réalisateur, dont c'est le premier long métrage pour Pixar, reconnaît que durant les premiers mois du développement, l'histoire n'était pas trouvée.

"Nous prenions un chemin sans beaucoup de substance. Parfois, on sent qu'une histoire n'a pas de moteur, qu'elle hésite et s'égare", dit-il.

Jusqu'à ce qu'une idée surgisse : Mike et Sulley, renvoyés du programme d'"effrayeurs" pour mauvais comportement, seront condamnés à intégrer le club d'étudiants "Oozma Kappa", où finissent les monstres mal-aimés et les "losers".

"Je crois que lorsqu'on a introduit le groupe des perdants, l'équipe des Oozma Kappa, l'histoire a pris vie", observe M. Scanlon. "Car cela a donné à Mike et Sulley l'occasion de prendre des gens sous leur aile. Cela a fait d'eux des sortes de papa et maman qui doivent s'épauler pour élever leurs enfants. Cela a complètement changé l'histoire et on a senti que c'était la bonne piste".

De fait, comme à son habitude, Pixar parvient à dépasser le simple plaisir visuel pour aborder des thèmes sérieux voire inattendus pour un jeune public -- comme ici, le fait d'accepter la dure réalité, quitte à renoncer à ses rêves.

Mais le film est aussi une ode à l'amitié, censée transcender les différences et les obstacles.

"L'amitié est une grande part du film", remarque le réalisateur. "Quand on rencontre Mike et Sulley, on découvre qu'ils sont très différents de ce qu'ils seront dans +Monstres et Cie+".

"D'une certaine manière, le film montre comment vos amis peuvent vous aider à devenir la personne que vous êtes destiné à devenir, particulièrement lorsque vous êtes jeune", dit-il.

"Ils peuvent non seulement vous aider à trouver qui vous êtes réellement, quels sont vos talents, mais peuvent aussi faire de vous une meilleure personne", ajoute-t-il.

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