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20/06/2013 02:52 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

Pas encore à la retraite, Ali Gerba refait surface comme homme d'affaires

MONTRÉAL - Ce n'est pas parce que l'Impact le payait à rien faire qu'Ali Gerba s'est tourné les pouces.

Confiné à une semi-retraite comme joueur parce que l'organisation montréalaise lui a dit de rester chez lui pendant la saison 2012 même si elle devait continuer de lui payer un salaire, Gerba a en quelque sorte refait surface, jeudi... en tant qu'entrepreneur.

De concert avec François Fecteau, le maire de Saint-Georges, Gerba a annoncé jeudi un projet de construction d'un complexe de soccer et de mise sur pied d'une académie pour footballeurs et footballeuses de 14 à 18 ans qui sera en principe lancé à l'automne dans cette ville de la Beauce.

Le projet piloté par le Groupe Ali Gerba, évalué à 20 millions$ environ, sera financé par l'entreprise fondée par l'ancien attaquant de l'équipe canadienne ainsi que ses partenaires privés. Il viendra compléter un projet d'aménagement de complexe sportif, annoncé par la ville de Saint-Georges en janvier 2012 et qui deviendra officiel une fois les derniers détails réglés avec le cégep Beauce-Appalaches, le propriétaire des terrains où seront construits les bâtiments. Cette partie-là du projet fera appel à des investissements des gouvernements provincial et fédéral.

«Ce n'est pas quelque chose que j'ai décidé de faire en me levant un matin, c'est réfléchi depuis un bon moment, a expliqué Gerba, qui se trouvait à Saint-Georges au moment où La Presse Canadienne l'a joint. J'ai derrière moi un groupe d'hommes d'affaires et ma famille, des gens qui ont réalisé des projets au Québec dans le passé, et dans d'autres sphères que le soccer.»

Gerba a commencé à mettre en chantier sa deuxième carrière quand l'Impact l'a forcé à remiser ses crampons lors d'une mésentente contractuelle. Après lui avoir consenti un contrat de trois ans à son retour avec l'équipe en 2010, le club montréalais ne l'a pas invité à son camp d'entraînement en vue de sa première saison en MLS, en 2012, et a ensuite refusé de le libérer à moins qu'il ne renonce aux sommes promises par l'organisation. De son côté, Gerba a refusé de résilier son contrat, estimant que l'Impact devait le payer jusqu'au bout.

«C'est tellement difficile pour les jeunes joueurs de foot québécois de percer (dans les rangs professionnels). Quand des jeunes de 20 ans venaient me voir pour me dire qu'ils allaient arrêter de jouer parce qu'ils ne savaient plus quoi faire, qu'ils se retrouvaient devant rien, ça me touchait directement au coeur, a raconté Gerba, un Camerounais d'origine. Je me disais qu'il fallait faire quelque chose pour changer ça. Je voulais aussi redonner au soccer québécois, à un sport qui m'a donné beaucoup.»

Gerba a communiqué avec les autorités municipales de Saint-Georges par l'entremise de Jean-Louis Roy, un diplomate québécois qui a grandi en Beauce et a encore à coeur le développement de cette région, a indiqué le maire Fecteau en entrevue.

«À l'origine, le dôme de soccer était prévu pour la septième année seulement de notre projet, a expliqué M. Fecteau. Mais le désir de la famille Gerba et d'investisseurs privés de créer une académie a accéléré le processus.

«C'est un investissement du privé qui vient consolider notre projet, et qui a été reçu avec grande satisfaction.»

Gerba, de son côté, aimait l'idée d'avoir un impact sur l'avenir d'adolescents installés en région.

«Dans une métropole, les jeunes ont plus de distractions, ils perdent plus facilement leur concentration. Tandis que dans une ville plus éloignée des grands centres, où il n'y a pas nécessairement beaucoup d'activités pour les jeunes, on a davantage un contexte où on peut optimiser leur potentiel, a-t-il noté. Ça vaut vraiment la peine de chercher à leur donner de quoi se distraire le plus rapidement possible.»

Reste que Gerba n'a pas encore officiellement accroché les crampons. Encore cette année, il a dit avoir reçu des offres de quelques équipes, basées en Amérique du Nord mais aussi «un peu plus loin», sans préciser s'il s'agit de l'Europe.

«On verra comment les choses se présentent, a indiqué l'athlète de 31 ans. Mon équipe (au Groupe Ali Gerba) sait que je peux partir n'importe quand. Mais il faudra que ça vaille le coup. Je suis quand même le président d'une entreprise et il faut que je veille à ses intérêts.»

Malgré l'animosité qu'il a pu y avoir dans le passé entre lui et certains dirigeants de l'Impact, Gerba dit avoir tourné la page sur cet épisode de sa vie.

«Je n'ai rien à leur prouver, a-t-il dit. Les seules preuves que j'avais à faire, c'était envers moi-même.»