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20/06/2013 01:02 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

Nouveau coronavirus MERS: forte morbidité hospitalière et mortalité élevée (étude)

Le nouveau coronavirus MERS apparu en 2012 en Arabie Saoudite représente un risque important en milieu hospitalier car il se transmet rapidement et provoque une mortalité élevée, indique une étude menée dans des hôpitaux saoudiens et publiée aux Etats-Unis.

Sur les 23 cas étudiés en avril dans quatre centres hospitaliers par une équipe internationale de chercheurs, 15 malades sont décédés, soit une mortalité de 65%, montre cette recherche menée par le Dr Trish Perl, épidémiologiste à la faculté de médecine Johns Hopkins (Maryland) et parue mercredi dans le New England Journal of Medicine.

Le dernier bilan annoncé cette semaine par les autorités saoudiennes fait état de 49 cas d'infection dont 32 décès.

Depuis le premier cas observé en Arabie Saoudite en avril 2012, l'Organisation mondiale de la santé, a enregistré 64 cas de MERS (Middle East Respiratory Syndrome) dans le monde dont 38 sont décédés, soit une mortalité de 59%.

Ce virus appartient à la même famille que celui responsable du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui avait fait près de 800 morts dans le monde en 2003.

"La transmission rapide entre personnes dans les services de dialyse suscite des inquiétudes quant au risque de contagion de ce virus en milieu hospitalier", écrivent ces médecins.

Sur les 23 cas étudiés, 21 ont résulté d'une transmission directe de personne à personne.

"Ce type de transmission pourrait être liée à une très forte morbidité", estiment-ils, jugeant qu'"une surveillance et des mesures de contrôle de l'infection sont essentielles dans le cadre d'une réponse sanitaire globale.

Ces chercheurs ont reconstitué le cheminement de l'infection dans ces quatre hôpitaux où elle s'est propagée en un mois, touchant aussi des membres des familles rendant visite à des malades et du personnel hospitalier.

"L'hétérogénéité apparente dans la transmission alors que plusieurs personnes infectées n'ont pas transmis le virus du MERS et qu'un seul malade a infecté sept personnes, rappelle le SRAS", relèvent les auteurs de l'étude, notant de nombreuses similarités entre ces deux agents pathogènes.

Ainsi les symptômes du MERS sont similaire à ceux du SRAS: les personnes infectées commencent par avoir un peu de fièvre et une toux bénigne pouvant subsister plusieurs jours avant de se développer en pneumonie.

Comme dans le cas du SRAS, certains malades ont aussi des symptômes gastro-intestinaux. Et comme avec le SRAS encore, l'incubation moyenne du MERS est de quatre jours avec 95% des personnes infectées développant des symptômes dans les dix jours, précisent les chercheurs.

Outre l'Arabie Saoudite où la plupart des infections se concentrent, des cas isolés ont été observés en Grande Bretagne, en Italie, en Tunisie et en France, où une personne est décédée.

js/mdm