POLITIQUE
20/06/2013 03:38 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

Liaison avec son adjointe: le PLC demande une enquête sur le sénateur Boisvenu

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OTTAWA - Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu est une nouvelle fois plongé dans l'eau chaude en raison de sa liaison avec son ex-employée Isabelle Lapointe.

Cette fois, c'est la sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette qui demande à la conseillère sénatoriale en éthique de se pencher sur le dossier.

La requête survient quelques jours après que le quotidien La Presse eut révélé que M. Boisvenu avait tenté d'intervenir pour faire en sorte que son ancienne adjointe ait accès à plus de semaines de vacances dans son nouvel emploi.

« Le Sénat n’est pas une PME où l’on peut y faire travailler sa famille et lui accorder des congés selon son humeur. C’est une institution essentielle, un pilier de notre système démocratique», a écrit la sénatrice Hervieux-Payette dans un communiqué accompagnant sa demande pour une enquête.

Mme Lapointe a quitté le bureau de M. Boisvenu quand leur relation amoureuse a été révélée au grand jour. Le sénateur, qui agit souvent comme porte-parole du gouvernement conservateur en matière de justice, avait dû expliquer pourquoi il avait conservé Mme Lapointe à son emploi, d'autant qu'il avait été prévenu plus tôt que cette relation contrevenait aux règles du Sénat.

La conseillère sénatoriale à l'éthique l'avait alors sommé de mettre fin à sa liaison avec Mme Lapointe ou de cesser de l'employer. Il avait finalement fait les deux.

Mme Lapointe a par la suite été embauchée à l'administration du Sénat et M. Boisvenu aurait négocié ses conditions de travail. Deux semaines de vacances ont été accordées à Mme Lapointe, mais on l'a avisée qu'elle les avait déjà touchées dans la période de flottement entre ses deux postes. M. Boisvenu aurait alors demandé à ce que d'autres jours de vacances lui soient accordés auprès du président du comité de régie interne d'alors, son collègue conservateur David Tkatchuk. Ce dernier aurait refusé net.

M. Boisvenu a par ailleurs admis à La Presse avoir recommencé à fréquenter Mme Lapointe «à l'occasion».

Dans sa lettre adressée à la conseillère sénatoriale en éthique, Lyse Ricard, Mme Hervieux-Payette maintient qu'il a violé de nombreux articles du code régissant les conflits d'intérêts des sénateurs.

«Le sénateur Boisvenu ne fait pas de distinction entre son rôle d'employeur et son statut de sénateur qui ne peut intervenir auprès de l'administration du Sénat pour obtenir des bénéfices financiers pour un "membre de sa famille" comme le commandent les normes élémentaires d'éthique», peut-on lire.

Elle croit qu'une enquête permettrait de déterminer «quelles sont les conséquences précises pour un sénateur d'ignorer ou de passer outre une recommandation importante» du conseil sénatorial en éthique.

Au bureau de Mme Ricard, on confirme avoir reçu la lettre de Mme Hervieux-Payette, mais on ne précise pas si une enquête sera ouverte.

Le sénateur Boisvenu a pour sa part insisté sur le fait qu'il collaborera avec la conseillère au besoin.

«Je veux laisser à la conseillère sénatoriale en éthique le soin, si elle le juge nécessaire, de donner suite à la demande de la sénatrice. J'entends collaborer entièrement avec la conseillère, si elle croit qu'il y a lieu d'agir», a-t-il écrit dans un communiqué.

M. Boisvenu n'a pas manqué de décocher une flèche à Mme Hervieux-Payette en faisant référence à des informations circulant dans les médias à l'effet que la GRC pourrait être en train d'enquêter sur le sénateur Mac Harb, qui s'est retiré du caucus libéral.

«J'aurais souhaité que la sénatrice libérale Hervieux-Payette fasse preuve d'objectivité et demande du même coup à la conseillère de se pencher sur ses collègues libéraux qui sont sous la loupe pour des affaires monétaires immensément plus importantes», a-t-il signalé.

Mac Harb, Mike Duffy et Patrick Brazeau sont sous la loupe pour avoir touché des allocations de logement injustifiées.

La GRC a confirmé la semaine dernière faire enquête sur le sénateur Mike Duffy, qui a accepté un chèque de 90 000 $ signé par l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wrigt, afin qu'il rembourse des allocations de logement touchées en trop.

MM. Brazeau et Duffy ne font plus partie du caucus conservateur.

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