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20/06/2013 01:45 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

Le président afghan accepte finalement de négocier avec les talibans

KABOUL - Le président afghan est maintenant prêt à participer aux discussions de paix avec les talibans, à condition que ceux-ci enlèvent leur drapeau et changent le nom du bureau qu'ils viennent d'ouvrir au Qatar, a annoncé jeudi un porte-parole du gouvernement.

Le président Hamid Karzaï réclame également que les États-Unis produisent une déclaration officielle de soutien à son gouvernement avant de s'impliquer dans les discussions.

Les talibans afghans sont par ailleurs prêts à libérer un soldat américain retenu captif depuis 2009 en échange de cinq de leurs combattants détenus sur la base américaine de Guantanamo, a déclaré jeudi un haut responsable du groupe.

Le sergent Bowe Bergdahl, 27 ans, est le seul soldat américain retenu en otage en Afghanistan. Il est disparu de sa base dans le sud du pays en juin 2009 et il serait détenu au Pakistan.

Lors d'une entrevue téléphonique exclusive avec l'Associated Press, un porte-parole des talibans, Shaheen Suhail, a déclaré que le soldat était «en bonne santé».

Plus tôt ce mois-ci, les parents du soldat ont reçu une lettre de leur fils par le biais du Comité international de la Croix-Rouge. Ils n'en ont pas révélé le contenu, mais ont renouvelé leur appel à sa libération.

L'échange de prisonniers est le premier élément de la liste de revendications des talibans avant l'ouverture des négociations de paix, a déclaré M. Suhail, un haut responsable taliban qui a été premier secrétaire de l'ambassade d'Afghanistan au Pakistan avant le renversement du gouvernement des talibans, en 2001.

«La première chose doit être la libération des prisonniers», a déclaré le porte-parole. «Oui, ce sera un échange. Puis, étape par étape, nous voulons construire les ponts de la confiance afin d'aller de l'avant.»

Le processus de réconciliation avec les talibans, considéré par plusieurs observateurs comme la seule façon de mettre un terme à la guerre en Afghanistan, est long et difficile. Il a commencé il y a près de deux ans, quand les États-Unis ont lancé des discussions secrètes, qui ont ensuite été précipitées quand le président afghan a appris leur existence.

Mercredi, la perspective des négociations semblait en péril, M. Karzaï s'opposant au nom de «Bureau politique de l'Émirat islamique d'Afghanistan» choisi par les talibans pour leur bureau au Qatar. Les talibans ont finalement adopté le nom de «Bureau politique des talibans» afin d'éviter de donner l'impression d'être une ambassade rivale, comme le demandait M. Karzaï.