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20/06/2013 03:11 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

Le brut enregistre sa plus forte chute à New York en 7 mois après la Fed

Les cours du pétrole ont plongé de près de 3 dollars à New York jeudi, leur plus forte chute depuis novembre, minés par la perspective d'un ralentissement progressif du soutien énorme de la banque centrale américaine (Fed) à l'économie et un mauvais indicateur chinois.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en juillet, dont c'était le dernier jour de cotation, a dégringolé de 2,84 dollars, à 95,40 dollars, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Les cours du brut n'avaient pas connu un tel plongeon depuis le 7 novembre, au lendemain de la réélection du président américain Barack Obama, lorsque l'or noir avait glissé de 4,27 dollars sur fond d'incertitudes des marchés financiers.

Le marché du brut a assisté "à un bain de sang (...), tout --des matières premières aux marchés actions--" a considérablement reculé, a commenté Matt Smith, de Schneider Electric. "C'est l'un de ces jours où la peur du risque est à son maximum".

Au coeur des inquiétudes des courtiers, la Fed a averti mercredi, à l'issue d'une réunion de politique monétaire très attendue, qu'elle pourrait appuyer sur la pédale de frein et réduire dès cette année son concours financier énorme à l'économie américaine, en cas d'amélioration de la conjoncture.

Or, ses injections de liquidités dans le circuit financier, à hauteur de 85 milliards de dollars chaque mois, ont largement participé à l'embellie observée sur les marchés ces derniers mois, et à l'attractivité des actifs jugés risqués, comme les matières premières et le brut.

"Les opérateurs ont voulu croire que Ben Bernanke (le président de la Réserve fédérale, ndlr) ne pensait pas sérieusement à un ralentissement" des achats d'actifs de l'institution, a commenté Phil Flynn, de Price Futures Group. "Ils ont pu voir qu'ils s'étaient lourdement trompés".

La perspective de la diminution de ces mesures de soutien, qui ont tendance à diluer le billet vert, a en outre pesé sur le pétrole, a ajouté Rich Illczyszyn, de iiTrader.com.

En effet un coup de fouet du dollar rend moins intéressants les achats d'actifs libellés dans cette monnaie, comme l'or noir.

Un indicateur chinois peu brillant a également accentué la glissade des prix du pétrole, très réactifs aux signes de la santé du géant asiatique, le deuxième consommateur de brut au monde.

La Chine a enregistré en juin sa plus forte contraction de la production manufacturière depuis neuf mois, selon l'indice PMI des directeurs d'achat publié par la banque HSBC.

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