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20/06/2013 11:55 EDT | Actualisé 20/08/2013 05:12 EDT

La FIA argumente devant le tribunal que Mercedes a triché en testant les Pirelli

PARIS - La FIA a argumenté, jeudi, que Mercedes a violé les règles et obtenu un avantage injuste sur les autres écuries de Formule 1 en participant à des essais privés pendant la saison visant à tester les pneus Pirelli.

Mercedes et Pirelli ont participé à une audience du tribunal disciplinaire convoquée par la FIA à Paris. Les avocats et les juges ont étudié d'épais cartables d'éléments de preuve et plaidé leurs causes afin qu'on puisse déterminer si l'équipe allemande a triché en effectuant 1000 km de tests avec Pirelli au mois de mai à Barcelone. Les règles de la F1 interdisent la tenue d'essais sur piste pendant la saison.

Essentiellement, la FIA a argumenté que les tests ont donné à Mercedes un avantage dont les autres équipes n'ont pu profiter. Mercedes a de son côté plaidé qu'elle a rendu service à la F1 dans son ensemble en offrant les services de ses pilotes et de ses voitures dans le but d'aider Pirelli à rendre ses pneus plus sécuritaires. Par conséquent, elle ne mérite, selon elle, qu'une légère sanction, si sanction il y a.

Pirelli, pour sa part, a entièrement rejeté la validité des affirmations de la FIA, qualifiant les accusations de «totalement inadmissibles».

«Pirelli ne peut accepter et n'acceptera pas que son image et la qualité de ses produits, ainsi que sa crédibilité, soient ternies à cause d'une affaire qui n'est pas admissible et n'est pas fondée», a déclaré Dominique Dumas, l'avocat du fabricant de pneus, aux quatre juges ainsi qu'au président de l'audience.

Mark Howard, un avocat de la FIA, a affirmé que Pirelli a testé une panoplie de pneus, a organisé les tests et payé pour le temps passé sur le circuit de Barcelone. Mais les voitures 2013 de Mercedes, pilotées par Lewis Hamilton et Nico Rosberg, ont été utilisées et ceci a donné un avantage à l'équipe allemande, a dit Howard. Il est possible que les tests aient fourni à Mercedes des renseignements potentiellement importants à propos des voitures et de leur fiabilité, a-t-il noté.

«On leur a permis de faire quelque chose que les autres équipes n'ont pas fait, a-t-il dit. En testant la voiture Mercedes pendant trois jours, la voiture 2013, avec les pilotes actuels et les ingénieurs actuels, on peut dire que Mercedes a pu obtenir un avantage injuste.

«Il y a clairement des renseignements qui ont été mis à la disposition de Mercedes, a continué Howard. Il est difficile de dire que Mercedes n'a reçu aucun bénéfice à la suite de ces tests.»

L'avocat de Mercedes, Paul Harris, a insisté pour dire que l'écurie n'a tiré aucun avantage parce qu'elle ne savait pas quels pneus ont été placés sur leurs voitures par Pirelli. Il a indiqué qu'il s'agissait purement et simplement de tests dirigés par Pirelli.

«Ils ont tout fait, ils dirigeaient tout», a-t-il souligné, en précisant que les tests étaient nécessaires afin d'aider Pirelli à rendre les pneus plus sécuritaires.

«Notre motivation était la sécurité. Il faudrait en fait nous applaudir pour avoir agi conformément à cette motivation», a ajouté Harris, qui a aussi parlé longuement de tests effectués par Ferrari avec Pirelli l'an dernier et cette année, sans attirer les foudres de la FIA.

Le président de l'audience, Edwin Glasgow, a promis que la décision du tribunal de la FIA sera prise d'ici vendredi.