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18/06/2013 06:28 EDT | Actualisé 18/08/2013 05:12 EDT

Une étoile montante des arts martiaux mixtes

Les arts martiaux mixtes peuvent désormais compter sur de jeunes talents qui ont grandi avec les combats ultimes. Rory MacDonald, 23 ans, assure l'avenir de l'octogone.

Un texte de Justine Boutet

Le reportage sur Rory MacDonald est le second de deux sur la relève en arts martiaux mixtes. Le deuxième volet sera diffusé aux nouvelles du sport mardi soir à 22 h 45. La première partie de cette série a été présentée lundi.

« Plus jeune, je regardais les vidéos de l'Utimate Fighting Championship avec mon père et mon frère, explique Rory MacDonald.

« Dans ma ville, à Kelowna, j'ai eu la chance de m'entraîner dans un gymnase qui offrait des cours d'arts martiaux mixtes. »

À 14 ans, il trouve sa voie... et commence à pratiquer toute une gamme d'arts martiaux, et ce, en même temps.

Il n'a pas à se déplacer d'un gymnase de boxe à un gymnase de Jiu-jitsu ou de lutte. Rory a accès aux divers arts martiaux sous un même toit.

« En pratiquant plusieurs disciplines dès mes débuts, je suis devenu un combattant plus complet. Ça m'a donné un avantage.

« Les arts martiaux sont devenus essentiels dans ma vie. Ils ont exercé une influence positive et m'ont procuré une base sur laquelle me concentrer. Ils m'ont donné des objectifs dans la vie et l'énergie pour les atteindre. J'ai toujours été très concentré sur mon but principal : devenir un combattant professionnel. »

La volonté inébranlable de Rory

À 16 ans, avec l'accord de ses parents, il fait le saut chez les pros.

« À mes premiers combats professionnels, je gagnais 50 $, 100 $. Je ne faisais pas d'argent. »

Peu d'argent, jusqu'à ce qu'il signe un contrat avec l'UFC devenant, à 20 ans, son plus jeune protégé. Il déménage à Montréal et se joint au célèbre gym Tristar, où s'entraîne Georges St-Pierre.

« Rory est extrêmement, extrêmement dédié, souligne l'entraîneur-chef d'arts martiaux mixtes au gym Tristar, Firas Zahabi.

« Il vient chaque jour au gym. Il est attentif à tous les détails. Il n'y a pas un sacrifice qu'il n'est pas prêt à faire. »

Rory est même prêt à laisser sa vie dans l'octogone.

« Si un combattant n'est pas prêt mentalement à mourir pendant d'un combat, c'est peut-être parce qu'il manque de confiance ou qu'il est nerveux, explique Rory MacDonald.

« J'essaie de me préparer à un combat comme si c'était le dernier jour de mon existence. »

Sa plus récente victoire, contre B.J. Penn, en a convaincu plusieurs : l'athlète de 23 ans pourrait succéder à Georges St-Pierre.

« Il peut être champion du monde », croit Firas Zahabi.

Un sport populaire qui doit être encadré

L'objectif de Rory? Être le meilleur combattant de tous les temps. D'ailleurs, son ascension coïncide avec celle de son employeur.

« L'Ultimate Fighting Championship a fait des arts martiaux mixtes le sport qui connait la croissance la plus rapide au monde, explique Rory.

« L'UFC a aussi contribué à la popularité des arts martiaux auprès des enfants. »

Populaire, oui. Mais encore faut-il que les jeunes aient une plateforme pour se développer.

Présentement au Québec, le gouvernement ne reconnait aucun organisme amateur d'arts martiaux mixtes et donc, ne réglemente pas les combats amateurs.

« À la base, se battre, c'est illégal, rappelle l'arbitre d'arts martiaux mixtes Yves Lavigne.

« Donc, je me dis qu'il faut que ce soit encadré. On frappe un autre humain. On ne parle pas d'aller jouer à la pétanque ou de faire du tricot. Oui, il faut que ce soit encadré. Il faut faire un suivi médical avec chaque athlète qui participe à un combat. »

« C'est un peu ridicule, soutient Firas Zahabi. Les plus jeunes qui font des arts martiaux mixtes ne vont pas avoir la chance de compétitionner contre les autres villes, ou les autres États ou les autres pays qui ont droit d'organiser des combats amateurs. Ça existe, l'amateur. Donc, ça nous retarde comme athlète, parce qu'on n'a pas la chance de se développer dans les amateurs. Il faut aller tout de suite dans les pros. »

Yves Lavigne renchérit : « Quand les combattants arrivent chez les professionnels, là on se demande combien de combats amateurs ont-ils remportés? Quelles sont ses blessures? Ça a été quoi son parcours? »

On n'est pas capable de le déterminer. Alors oui, ça prend un encadrement, et ça prend un encadrement beaucoup plus sévère que ce qu'on a présentement... parce qu'on n'en a pas. »

Potentiel inestimable

Firas Zahabit pense que le mouvement de popularité envers les arts martiaux mixte est irréversible.

« Je crois qu'on va y arriver et qu'il va y avoir une ligue amateur officielle, comme c'est arrivé avec la boxe, comme c'est arrivé avec le kickboxing, explique Firas Zahabi. C'est trop populaire. Le sport est trop populaire. On ne peut plus l'ignorer. »

Et ce n'est que la pointe de l'iceberg. Firas Zahabi estime que les jeunes propulseront les arts martiaux mixtes vers de nouveaux sommets.

« Je pense qu'ils vont les amener au niveau de la NFL ou au niveau de la NBA. »

L'arbitre Yves Lavigne croit plutôt qu'on n'a pas atteint l'âge d'or des arts martiaux mixtes.

« Attendez que ce soit populaire en Chine, en Inde, en Arabie Saoudite, en France et dans tous les pays d'Europe, conclut Lavigne. On n'a rien vu encore. Ça fait juste commencer. »