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18/06/2013 02:46 EDT | Actualisé 18/08/2013 05:12 EDT

Une deuxième attaque contre une école du nord-est du Nigeria tue neuf élèves

MAIDUGURI, Nigeria - De présumés extrémistes islamistes ont ouvert le feu sur des élèves qui faisaient leurs examens dans une école du nord-est du Nigeria, tuant au moins neuf d'entre eux, ont déclaré des témoins mardi.

Les corps des élèves, vêtus de leur uniforme scolaire, ont été transportés à la morgue de Maiduguri, selon un responsable médical qui a requis l'anonymat.

L'attaque de lundi contre l'école privée Ansarudeen de Maiduguri est la deuxième à viser un établissement scolaire en quelques jours dans le nord-est du Nigeria. L'armée a rapporté que 13 personnes, dont des élèves du secondaire et des enseignants, avaient été tués dimanche quand des islamistes ont attaqué une école de Damaturu, capitale de l'État de Yobe. La fusillade a duré cinq heures.

Un élève qui a survécu à l'attaque en se cachant sous un lit du dortoir a déclaré que des dizaines de combattants, qui se sont identifiés comme des membres du groupe Boko Haram, avaient ordonné aux élèves de les conduire dans l'aile réservée aux enseignants, où ils ont ouvert le feu sur les personnes qui s'y trouvaient, dont des élèves.

Un porte-parole de l'armée nigériane, le lieutenant Eli Lazarus, a déclaré que sept élèves, deux enseignants, deux soldats et deux assaillants avaient été tués dans l'attaque. Trois soldats ont été grièvement blessés et plusieurs assaillants ont été arrêtés, a-t-il précisé.

Lors d'une autre attaque survenue lundi, de présumés islamistes ont abattu par balles un groupe de pêcheurs au bord d'une rivière à Alau, à 20 kilomètres de Maiduguri. La plupart des victimes sont des proches de membres d'un groupe civil de surveillance qui ont arrêté des militants de Boko Haram, une secte islamiste dont le nom signifie «l'éducation occidentale est un péché».

Les extrémistes islamistes du Nigeria ont tué plus de 1600 civils dans des attentats-suicides et autres attaques depuis 2010, selon un décompte de l'Associated Press. Des dizaines de civils ont également été tués par des soldats, selon des groupes de défense de la personne, ce que l'armée nigériane nie.

Des responsables ont indiqué mardi que les militants islamistes avaient chassé 19 000 riziculteurs de leurs terres dans le nord-est du Nigeria, tandis que l'offensive militaire dans la région empêche des milliers d'autres agriculteurs de travailler dans leurs champs, ce qui fait craindre une pénurie alimentaire imminente.

«Nous nous attendons à une faim généralisée cette année parce que toutes les routes reliant les villes aux champs de l'arrière-pays sont fermées», a expliqué le commissaire à l'Agriculture dans l'État de Borno, Usman Zannah, lors d'une entrevue avec l'Associated Press mardi. «Les agriculteurs ne peuvent accéder à leurs terres, alors que ceux de l'arrière-pays ne peuvent venir en ville pour obtenir des tracteurs ou des ouvriers pour la prochaine récolte.»