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18/06/2013 04:41 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Une agence d'espionnage fédérale intercepte certaines conversations de Canadiens

Les activités de l'agence d'espionnage canadienne, le Centre de la sécurité des télécommunications du Canada (CST), soulèvent des inquiétudes au pays, alors que les États-Unis reconnaissent qu'ils surveillent les communications de leurs propres citoyens.

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a récemment tenté de rassurer les Canadiens. Il a affirmé à la Chambre des communes que le CST respecte les lois fédérales et n'espionne pas les communications des Canadiens.

Le CST ne vise que des cibles étrangères, mais l'organisme intercepte toutefois des communications privées de Canadiens qui sont en lien avec ces mêmes cibles. Pour ce faire, l'agence n'a qu'à obtenir l'autorisation du ministre de la Défense nationale.

Depuis 10 ans, le chien de garde du CST, qui examine les activités de l'agence, somme le fédéral de resserrer les vastes pouvoirs de l'agence pour mieux assurer le droit à la vie privée des citoyens.

Dans son dernier rapport, le commissaire Robert Décary souligne être « surpris du temps que [le fédéral] met à éliminer les ambiguïtés » dans la Loi.

Pour sa part, l'expert en sécurité nationale Wesley Wark, professeur à l'Université d'Ottawa, croit que les pouvoirs du CST sont très vastes et qu'il devrait être mieux encadré. Il souligne que certains organismes fédéraux de surveillance, dont le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), n'ont pas les mêmes pouvoirs.

Il ajoute que l'agence fait un travail nécessaire, mais que la loi actuelle ne protège pas suffisamment la vie privée des Canadiens. M. Wark croit également que la loi manque de mordant.

D'après le reportage de Brigitte Bureau.