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18/06/2013 04:19 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Québec s'attaque aux dédoublements avec le fédéral

Le gouvernement de Pauline Marois a fait connaître mardi sa nouvelle stratégie pour réaliser des économies en s'attaquant « aux ingérences et aux dédoublements d'Ottawa dans les compétences exclusives du Québec », a déclaré le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes.

Alexandre Cloutier a ajouté que le gouvernement a fait appel à quatre experts dans le domaine des affaires municipales ainsi que de la santé et des services sociaux qui auront pour mandat de réviser, depuis 2000, tous les dédoublements dans ces champs de compétences.

Ils devront remettre leur rapport en janvier prochain. Le budget du projet est de 500 000 $.

« Le gouvernement veut économiser et faire le ménage pour que les Québécois cessent de payer en double les services, a lancé le ministre Cloutier. Chaque semaine, il y a des exemples d'empiétement. La semaine dernière, c'était la bourse d'études pour l'histoire alors que l'éducation est de compétence provinciale. Dans le dernier budget, il y a eu la création de la subvention canadienne à l'emploi alors que la formation de la main-d'œuvre est un champ de compétence provinciale. »

Assis aux côtés du ministre Cloutier, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, et le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, ont décliné chacun des exemples de dédoublements.

Le ministre Gaudreault a expliqué qu'« il y a des ingérences et des interventions à trois niveaux : financières, politiques et normatives. Le meilleur exemple est la stratégie pancanadienne sur la gestion des affluents d'eaux usées municipales. Elle a été imposée par le fédéral sans consultation des municipalités et l'impact a été évalué, pour les municipalités, à 9 milliards de dollars sur 30 ans ».

Le ministre Hébert a entre autres évoqué la loi fédérale encadrant à consommation de marijuana à des fins médicales et les sites d'injection supervisée comme exemples d'ingérence et de dédoublement dans un champ de compétence provinciale.

Le ministre Cloutier estime que des milliards de dollars pourraient être économisés si le partage des compétences était mieux respecté.

À Ottawa, la réaction du ministre des Transports Denis Lebel a été rapide et cinglante.  « Nous n'embarquerons pas dans leur jeu de vieilles chicanes constitutionnelles. Nous respecterons les compétences des provinces comme nous l'avons toujours fait. La porte demeurera toujours ouverte pour discuter des vraies préoccupations avec eux. »

Le ministre Lebel  assure que la création d'emplois et la croissance économique sont les priorités du gouvernement fédéral qui continuera d'offrir sa « pleine collaboration sur les dossiers qui nous rassemblent pour faire avancer le Québec. »