NOUVELLES
18/06/2013 01:16 EDT | Actualisé 18/08/2013 05:12 EDT

Les travailleurs et la partie patronale rencontrent tour à tour un conciliateur

MONTRÉAL - Les chantiers de construction du Québec sont paralysés pour une deuxième journée consécutive, en raison des piquets de grèves érigés par les quelque 175 000 travailleurs du secteur.

Le dialogue n'a toujours pas repris entre les deux parties, mais des rencontres séparées avec un conciliateur désigné par Québec étaient prévues au cours de la journée de mardi.

En entrevue à La Presse Canadienne, le porte-parole de l'Alliance syndicale, Yves Ouellet, a averti que les syndiqués sont prêts pour une grève de longue haleine.

M. Ouellet considère que les revendications des travailleurs ont été entendues et que les syndiqués ont déjà fait plusieurs concessions «pour faire baisser les coûts des chantiers», à la demande de leurs patrons, lors des négociations entourant la dernière convention collective.

Selon lui, l'offre présentée samedi par l'Association de la construction du Québec (ACQ) a été clairement rejetée par les travailleurs.

«Ce matin, ils (les travailleurs) étaient encore tous là. La motivation est encore là. Ce sont des points qui les touchent droit au coeur. Ce ne sont pas nécessairement des acquis monétaires. (...) Les choses qui ont été laissées pour garder ces acquis-là, ils ne sont pas prêts à les donner en ce moment», a dit le leader syndical.

«On nous force à sortir 175 000 travailleurs en grève, j'espère qu'ils ne s'attendent pas à ce qu'on rentre en acceptant leur offre initiale finalement. On attend maintenant une offre logique et raisonnable», a-t-il ajouté.

Pour le président de l'ACQ, Jean Pouliot, la grève est un «moyen exagéré», en plus d'être survenue de manière prématurée, le processus de négociation s'étant amorcé avec beaucoup de retard.

«Les cinq associations syndicales ont pris énormément de temps pour établir un protocole de négociations entre elles, c'est ce qui a retardé le début des négociations. Ce qui se règle en six à huit mois, on a essayé de le faire en un mois», a-t-il expliqué.

À son avis, le conciliateur «a reçu un mandat très clair de la part de la ministre, celui de s'assurer que les deux parties recommencent la négociation, et c'est vraiment ce qu'on souhaite: se rasseoir à la table et négocier avec nos employés».

De son côté, le gouvernement Marois répète qu’il n’a nulle intention de recourir à une loi spéciale pour mettre un terme à la grève déclenchée lundi matin.

La ministre du Travail, Agnès Maltais, croit qu’il revient aux parties impliquées de s’entendre pour régler ce conflit.

«Aujourd'hui les gens travaillent, alors je suis contente. Laissons-les travailler. Je veux qu'ils arrivent au meilleur résultat possible», a-t-elle indiqué.

Son collègue aux Transports, Sylvain Gaudreault, a pour sa part affirmé que le gouvernement ne pouvait, pour l'heure, chiffrer les répercussions économiques liées à l'éclatement de ce conflit de travail.

«Très franchement, nous ne sommes pas en mesure, encore, d'évaluer les impacts sur les chantiers de construction des travaux routiers en termes de coûts, a-t-il dit à Québec en marge d'un point de presse. Mais évidemment, nous souhaitons que ça se règle le plus rapidement possible.»

Le Parti libéral du Québec (PLQ) exhorte la ministre Maltais à intervenir rapidement dans le dossier pour éviter les contrecoups de la grève.

Son chef Philippe Couillard estime que le gouvernement doit considérer l'imposition d'une loi spéciale pour forcer la reprise des activités du secteur si aucune entente n'est conclue d'ici vendredi, minuit.

De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ) suggère au gouvernement de reconduire les conditions de travail actuelles pour une période maximale d'un an ou jusqu'à ce que les parties se soient entendues sur un nouveau contrat de travail.

Et si les parties patronales et syndicales refusent cette proposition, le gouvernement péquiste «devrait rapidement déposer une loi spéciale pour forcer cette reconduction des conditions de travail des employés de la construction», a déclaré par voie de communiqué le porte-parole caquiste en matière de travail, Christian Dubé.