DIVERTISSEMENT
18/06/2013 12:03 EDT | Actualisé 20/06/2013 12:02 EDT

FrancoFolies 2013: à fond avec Bernard Adamus (VIDÉO/PHOTOS)

Faire partie de la foule dans un concert de Bernard Adamus, c’est un peu comme si on était au nombre de ses amis privilégiés. Le chanteur, sympathique à souhait, jase à la foule puis ne se tracasse guère du décorum et des formalités. Chez l’éméché Adamus c’est l’fun, gras, déjanté et sans tracas. Une approche parfois brouillonne dans les manières, mais qui donne un show d’une contagieuse connivence. Résultat : des amateurs emballés, gonflés de paroles, d’émotions, de camaraderie… et souvent imbibés d’alcool. Tout un party lundi soir au Métropolis pour ce chanteur de folky-jazzy-blues-trash qui avait les spectateurs dans sa manche.

Accompagné de quatre musiciens aux cuivres (Jérôme Dupuis-Cloutier, Benoît Paradis, Renaud Gratton et Philippe Legault) et du batteur Tonio Morin-Vargas, Adamus ne tarde pas à installer une ambiance de fête. Hop, hop, hop Y fait chaud réchauffe déjà le monde entassé dans la salle. Le son est rempli et l’atmosphère fait penser à un spectacle de Mardi Gras en Nouvelle-Orléans. Pom, pom, pom le sousaphone de Legault marque la cadence. Les autres cuivres ne sont pas en reste non plus.

Viendra peu de temps après Le fou de l’île (de son premier album intitulé Brun), avec son sifflement en introduction. Une minute passe et arrive un groove fluide à la sauce des Colocs. Quelques hep, hep, hep seront criés pour La foule.

Changement de ton pour la suite quand certains invités spéciaux, des musiciens appréciés du chanteur, arrivent sur scène pour interpréter La journée qui s’en vient est flambant neuve. On parle ici de Nicolas Moussette (à la basse) et de Stéphane Lafleur (chant et guitare) du groupe Avec pas d’casque ainsi que du touche-à-tout Fred Fortin, qui sera assis à la batterie. Hymne orchestral et festif dédié à cette succès incontesté de la formation de Stéphane Lafleur.

« Cou cou Ketchou »

Tous ensemble, ils se lanceront ensuite pour un autre cru d’Avec pas d’casque, Nouveaux paysages. Bernard Adamus respecte la signature country de la chanson, mais la voix est plus ou moins sur la note. On aurait pu se passer de celle-ci.

Les membres d’Avec pas d’casque ayant quitté les planches, Fred Fortin (maintenant à la guitare électrique) balance Vénus (de l’album Agnus Dei), morceau rock garage de son trio Gros Mené. Ce dernier mène le bal d’une habile façon. La guitare est pesante et les cuivres se démènent en fous jusqu’au « Cou cou Ketchou » du train qui s’en vient. Délire dans la place.

À Grandes jambes, autre pièce de Gros Mené, c’est comme si tout avait été donné. Autre passage très rock, mais définitivement moins bon.

Reviendront après les chansons du répertoire de Bernard Adamus dont la superbe Entre ici pis chez vous sur laquelle Gratton et Paradis, maintenant au clavier, se donnent à fond. La formation est en feu et le morceau file à cent mille à l’heure.

Icône du folk trash

Autre invitée à se présenter sur scène et non la moindre, Lisa Leblanc chantera l’immortelle Ma vie c’est d’la marde. Malgré l’enthousiasme de la foule, ça déborde un peu. Adamus ne sait trop quoi faire de son corps alors que l’Acadienne d’adoption montréalaise entonne les paroles de sa mythique pièce. Mais bon, on dirait que tout est possible durant ce spectacle!

Sur le parterre, on pourra s’apercevoir à la prochaine chanson que les adeptes de crowd surfing n’ont pas pris de répit. Les corps se promènent toujours dans la foule.

Juste après, La question à 100 piasses est quasiment récitée dans une sorte de cri d’alarme efficace. Viendront ensuite Ouais ben (excellente) et Arrange-toi avec ça. Au rappel, on avait déjà l’impression d’en avoir eu plein la face. Mais de toute évidence, Bernard Adamus ne pouvait quitter la scène avant d’en redonner : Rue Ontario, Brun (les paroles « la couleur de l’amour » ont été chantées, décriées, psalmodiées par les quelques milliers de spectateurs), la magnifique (pourrions-nous dire la meilleure du chanteur ?) et plus calme Le scotch goûte le vent ont été offertes en conclusion.

Fin? Non, les gens en voulaient encore. Ainsi soit-il, Adamus, seul à la guitare, est venu chanter 2176 sur un ton posé. Ouf, le chanteur et guitariste n’est pas près d’oublier ce concert des FrancoFolies. Les Montréalais non plus.

Il est important de mentionner que c’est le chanteur Keith Kouna qui assurait la première partie de la soirée. Dans l’ensemble, une bonne prestation. Pensons «aux voix qui me disent», aux «pouliiiiiiches» ou aux paroles plus poétiques de la chanson Labrador.

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