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18/06/2013 06:33 EDT | Actualisé 18/08/2013 05:12 EDT

Des manifestants affrontent la police autour de l'hôtel de ville de Sao Paulo

SAO PAULO - Des manifestants qui encerclaient la mairie de la plus grande ville du Brésil ont affronté la police mardi, après qu'un petit groupe de personnes eut tenté d'entrer de force dans l'édifice.

Le réseau de télévision GloboNews a diffusé des images des manifestants de Sao Paulo, qui ont utilisé des barres de métal pour briser les vitres et les portes du bâtiment. Des gardes municipaux munis de boucliers se sont repliés dans l'édifice après avoir été attaqués par les manifestants.

Selon GloboNews, le maire Fernando Haddad n'était pas à l'hôtel de ville durant l'incident.

La manifestation de mardi est la sixième du genre à Sao Paulo depuis la semaine dernière. Le mouvement de colère a été déclenché par une hausse du tarif des transports en commun, mais les manifestations se sont répandues dans tout le pays pour dénoncer la piètre qualité des services gouvernementaux, la lourdeur du fardeau fiscal et la corruption.

Lundi, au moins 240 000 personnes avaient manifesté dans plusieurs villes du Brésil. Il s'agit des plus importantes manifestations à secouer le pays depuis la fin de la dictature, en 1985.

Les manifestations de lundi à Rio de Janeiro et Belo Horizonte ont été entachées par des actes de violence et de vandalisme. Des dizaines de personnes auraient été blessées.

À Rio, la police a eu recours aux gaz lacrymogènes et aux balles en caoutchouc pour disperser les manifestants qui avaient envahi l'assemblée législative régionale, avant de lancer des pierres et des fusées éclairantes aux policiers. Une voiture et d'autres objets ont été incendiés.

Un quotidien brésilien a rapporté qu'au moins 20 policiers et neuf manifestants avaient été blessés lundi à Rio. Un manifestant a notamment été blessé à la jambe par une balle qui aurait été tirée par un policier.

Dans la ville de Maceio, un élève de 16 ans a apparemment été atteint d'une balle au visage par un automobiliste qui tentait de se frayer un chemin parmi les manifestants.

À Sao Paulo, 65 000 personnes s'étaient rassemblées lundi au coeur de la ville avant de se disperser dans trois directions différentes en scandant des slogans anticorruption dans une ambiance festive.

À Brasilia, la capitale, des milliers de manifestants ont marché pacifiquement en direction du Congrès. Quelques fenêtres ont été brisées, mais la police n'a pas dû intervenir.

Les organisateurs des manifestations ont demandé aux participants d'éviter tout acte de vandalisme pour ne pas nuire à leur cause.

La présidente Dilma Rousseff a publié un bref communiqué dans lequel elle reconnaît que les manifestations pacifiques sont légitimes et font partie de la démocratie.