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17/06/2013 01:50 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Syrie: le Hamas accuse le Hezbollah d'alimenter les tensions dans la région

Le groupe extrémiste palestinien Hamas a appelé lundi le Hezbollah libanais à retirer ses combattants de Syrie, accusant le mouvement d'alimenter les tensions interreligieuses dans la région.

Il s'agit d'une critique sans précédent du Hamas contre son ancien allié.

La déclaration du Hamas survient alors que les sunnites et les chiites de la région se rangent dans l'un ou l'autre des camps de la guerre en Syrie. La plupart des rebelles qui tentent de renverser le régime du président syrien Bachar el-Assad sont sunnites, tout comme les alliés régionaux qui les soutiennent. Bachar el-Assad et les hauts responsables de son régime sont des alaouites, une branche de l'islam chiite, et ils sont soutenus par le régime chiite iranien, qui est aussi le principal soutien du Hezbollah libanais.

Le mois dernier, le rôle du Hezbollah dans la guerre en Syrie est devenu évident après la prise de la ville stratégique de Qousseir par les forces pro-régime. Plusieurs extrémistes sunnites syriens estiment que l'intervention du Hezbollah est une déclaration de guerre des chiites, et certains ont appelé les sunnites du monde entier à venir se battre à leurs côtés.

Le Hamas, un mouvement sunnite, a critiqué le Hezbollah lundi au sujet de son rôle grandissant dans la guerre en Syrie. Dans un communiqué, le Hamas appelle le Hezbollah à «retirer ses forces de Syrie» et à «garder ses armes pointées vers l'ennemi sioniste (Israël)». Le Hamas estime aussi que le fait d'envoyer des combattants en Syrie «contribue à la polarisation religieuse de la région».

Le Hamas et le Hezbollah ont déjà fait partie de l'«axe de résistance» contre Israël mené par la Syrie et l'Iran. Les leaders en exil du Hamas étaient autrefois établis en Syrie, tandis que le Hamas et le Hezbollah ont reçu des fonds et des armes de l'Iran.

Les leaders du Hamas ont quitté la Syrie l'an dernier pour protester contre la répression menée par le régime de Bachar el-Assad. Depuis, le Hamas s'est éloigné de l'Iran et s'est rapproché du camp sunnite régional mené par l'Arabie saoudite et le Qatar, même s'il n'a pas officiellement coupé ses liens avec l'Iran.