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17/06/2013 05:12 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Soins pour les réfugiés: des médecins déplorent les changements fédéraux

OTTAWA - La santé publique et l'argent des contribuables sont menacés par des compressions budgétaires dans le financement des soins de santé pour les réfugiés, ont soutenu lundi des médecins et des défenseurs des droits des réfugiés, alors qu'ils manifestaient à travers le pays.

Le gouvernement a procédé à une réforme en profondeur de la couverture médicale offerte aux réfugiés et aux demandeurs du statut de réfugié, en invoquant des mesures de réduction de coûts, tout en affirmant rendre le pays moins vulnérable aux fausses demandes d'asile en réduisant l'accès aux soins de santé gratuits.

Ces changements ont cependant plongé dans le chaos l'ensemble du système de santé pour les réfugiés, créant de l'incertitude pour les prestataires de soins et les réfugiés, affirment des responsables.

Le Dr Doug Gruner, du regroupement Canadian Doctors for Refugee Care, a soutenu que cette incertitude a mené à une approche à la pièce pour traiter les réfugiés et les demandeurs de statut, approche qui nuit à certaines des personnes les plus vulnérables du pays.

Selon lui, ces personnes ne consultent plus un médecin en cas de problème de santé, mais continuent de circuler dans les lieux publics, mettant ainsi la population à risque.

Jusqu'à ce que des changements soient apportés au programme intérimaire de soins de santé, l'an dernier, tous les réfugiés et les demandeurs d'asile recevaient le même niveau de couverture médicale du gouvernement fédéral.

Le programme devait servir à combler le fossé entre l'arrivée d'un réfugié au Canada et son admissibilité à une couverture provinciale, y compris pour des soins dentaires et de la vue, en plus de l'achat de médicaments.

En 2006-2007, cette couverture a coûté 48,3 millions $ aux contribuables canadiens, mais ce montant a bondi à 82,9 millions $ en 2011-2012, à cause d'une forte hausse du nombre de demandes de statut de réfugié, révèlent des statistiques dévoilées lundi par Citoyenneté et Immigration.

Désormais, le niveau de couverture médicale est déterminé par des critères tels que l'origine des demandeurs, et si leur dossier est en traitement, a été accepté, ou a été refusé. Dans la majorité des cas, les soins médicaux offerts sont limités aux cas d'urgence représentant un risque pour la santé publique.

«Il s'agit d'une mauvaise politique; c'est mauvais pour la santé des réfugiés, c'est mauvais pour la santé des Canadiens, et c'est mauvais pour les contribuables», a déclaré M. Gruner.

Les changements ont été présentés comme des économies de 100 millions $ sur cinq ans, mais le ministère n'était pas en mesure, lundi, de fournir des données sur la période de 2012-2013.