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17/06/2013 07:14 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Le Royaume-Uni aurait espionné ses alliés lors de conférences internationales

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LONDRES - Les allégations d'un quotidien selon lesquelles le service de renseignement électronique du gouvernement britannique (GCHQ) a plusieurs fois piraté les téléphones et les courriels de diplomates étrangers en visite au Royaume-Uni pour des conférences internationales a provoqué lundi une réaction outrée de la Russie, tandis que la Turquie et l'Afrique du Sud ont réclamé une enquête.

Même si l'espionnage de diplomates est une vieille pratique, le «Guardian» a présenté en détails les mesures prises par le GCHQ pour écouter les conversations de diplomates étrangers en temps réel, affirmant que des espions britanniques avaient piraté des boîtes de courriel, volé des mots de passe et même mis sur pied de faux cybercafés afin d'obtenir des renseignements sur des négociations de haut niveau.

Le «Guardian» cite plusieurs documents gouvernementaux internes fournis par Edward Snowden, un ancien employé de l'agence américaine de sécurité nationale qui a révélé l'existence d'un important programme de surveillance du gouvernement américain.

Le quotidien a mené son enquête et a découvert que l'espionnage du GCHQ avait notamment impliqué le piratage du réseau informatique du ministre sud-africain des Affaires étrangères. Le GCHQ aurait également visé la délégation turque qui participait au sommet du G20 à Londres en 2009 et espionné les communications par satellite de l'ancien président russe Dimitri Medvedev.

La Russie a réagi avec colère.

«C'est un scandale! Les services spéciaux américains et britanniques ont mis sur écoute le téléphone de M. Medvedev en 2009 lors du sommet du G20. Les États-Unis nient tout, mais nous ne pouvons leur faire confiance», a déclaré Alexei Pouchkov, chef de la commission des affaires étrangères de la chambre basse du Parlement russe, sur son compte Twitter.

Le ministre turc des Affaires étrangères a estimé qu'il s'agissait d'informations alarmantes. Dans un communiqué, le ministre affirme que si ces allégations sont vraies, «ce sera évidemment un scandale».

«Un tel acte commis par un pays allié serait clairement considéré comme inacceptable, affirme le communiqué. Nous nous attendons à ce que les autorités britanniques présentent une explication officielle et satisfaisante sur cette question.»

Des diplomates sud-africains ont déclaré dans un communiqué qu'ils étaient préoccupés par les informations diffusés par le «Guardian» et ont demandé au gouvernement britannique d'enquêter sur cette affaire.

Le quotidien a publié ce dossier au moment où les dirigeants des pays du G8, dont le président russe Vladimir Poutine, convergeaient lundi au Royaume-Uni pour un sommet. Le premier ministre britannique, David Cameron, a toutefois refusé de commenter le dossier.

«Nous ne commentons jamais les dossiers liés à la sécurité ou au renseignement, et je ne vais pas commencer maintenant», a-t-il dit.

Le GCHQ a également refusé de faire des commentaires à ce sujet.