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17/06/2013 02:20 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Les Bulgares en colère contre une décision de leur gouvernement

SOFIA, Bulgarie - Le premier ministre bulgare a déclaré lundi que la nomination par le Parlement d'un magnat des médias au poste de chef de la sécurité était une erreur, mais que son gouvernement ne démissionnerait pas pour cette raison.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans la capitale et ailleurs dans le pays lundi, au quatrième jour des manifestations réclamant la démission du gouvernement après la nomination de Delyan Peevski, qui n'a aucune expérience dans la sécurité, en tant que chef de l'agence nationale de sécurité de la Bulgarie.

Le premier ministre Plamen Oresharski, dont le gouvernement est arrivé au pouvoir il y a deux semaines, a déclaré que la nomination par le Parlement, décidée vendredi sans débat, était une erreur, et qu'il consulterait la population avant qu'un nouveau chef de la sécurité soit nommé.

Face aux manifestations, M. Peevski a annoncé samedi qu'il renonçait à ses nouvelles fonctions. M. Oresharski a indiqué lundi qu'il avait accepté sa démission, mais que la décision finale revenait au Parlement.

La mère de Delyan Peevski, Irena Krasteva, possède plusieurs quotidiens, hebdomadaires et stations de télévisions en Bulgarie. Delyan Peevski aurait une grande influence sur les politiques éditoriales de l'empire médiatique de sa mère.

Les grandes manifestations de février contre la hausse du coût de l'électricité, la pauvreté et la corruption ont fait tomber le précédent gouvernement de centre-droit du premier ministre Boiko Borisov.

Le gouvernement actuel, soutenu par les socialistes et un petit parti ethnique, a été formé après les élections du 12 mai. La coalition au pouvoir contrôle seulement 120 des 240 sièges du Parlement, ce qui rend difficile une réforme économique pourtant jugée nécessaire.

Lundi, des milliers de Bulgares se sont rassemblés devant le siège du gouvernement à Sofia pour réclamer plus de transparence de leurs dirigeants. La police a renforcé la sécurité et a encerclé l'édifice avec des barrières de métal, mais les manifestations sont restées pacifiques.

Plusieurs manifestants ont déclaré qu'ils en avaient assez des «accords secrets» impliquant de puissants politiciens et des hommes d'affaires, qu'ils accusent de corruption. Les manifestants réclament de nouvelles élections dès maintenant.

Le président bulgare, Rosen Plevneliev, a indiqué qu'il convoquerait le conseil de sécurité nationale mardi et a appelé tous les partis à présenter des solutions pour mettre fin à la crise.