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17/06/2013 09:51 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Le maire de Montréal arrêté par l'unité anti-corruption de la police

Le maire de Montréal Michael Applebaum a été arrêté lundi matin par la police, nouveau rebondissement dans les scandales de corruption qui frappent la métropole québécoise depuis plusieurs mois et qui impliquent responsables municipaux, entrepreneurs et membres de la mafia.

Veste noire et chemise blanche, petit sourire en coin, l'élu est arrivé vers 06H45 (10H45 GMT) au siège de la Sûreté du Québec (SQ, police provinciale) dans une voiture banalisée de l'Unité permanente anti-corruption, quelques minutes après avoir été interpellé à son domicile, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il devait être entendu plus tard dans la journée par les enquêteurs de cette unité spéciale, vraisemblablement pour des faveurs accordées à un promoteur immobilier réputé proche de la mafia, selon les médias locaux.

Deux autres hommes ont été également interpellés et sont arrivés menottes aux poignets au quartier général de la SQ: il s'agit de Jean-Yves Bisson, ancien haut fonctionnaire municipal, et de Saulie Zajdel, ancien conseiller municipal de l'arrondissement de M. Applebaum et ex-candidat aux législatives fédérales du Parti conservateur au pouvoir à Ottawa.

Une conférence de presse de l'UPAC devait avoir lieu à 10H00 (14H00 GMT) et devrait permettre de connaître les charges retenues contre les trois hommes.

Immédiatement, l'opposition de la ville a réclamé la nomination d'un maire intérimaire d'ici 30 jours pour diriger Montréal jusqu'aux élections municipales en novembre.

En conférence de presse, la chef de l'opposition, Louise Harel, a demandé que soit "totalement exclue" la mise sous tutelle gouvernementale de la métropole. Une telle mesure avait été récemment mise en oeuvre pour Laval, la troisième ville du Québec, au nord de Montréal, frappée elle aussi par des scandales de corruption.

"La situation est assez différente de celle de Laval où la totalité des conseillers avaient été mis en cause" dans des affaires d'octroi truqué de marchés publiques, a abondé sur Radio-Canada le ministre québécois chargé de Montréal, Jean-François Lisée, indiquant que le conseil municipal se réunissait lundi matin.

Ce nouveau développement intervient alors que les investigations menées par la commission d'enquête publique Charbonneau et par l'UPAC ont abouti depuis le début de l'année à de multiples révélations sur un système de corruption impliquant tant les responsables de la mairie que plusieurs entrepreneurs en bâtiment et la criminalité organisée.

Selon plusieurs déclarations, le système consistait en appels d'offres truqués, les entrepreneurs reversant une partie de leurs gains indûment élevés au parti du maire précédent, Gérald Tremblay, et à la branche montréalaise de la mafia italienne qui surveillait le fonctionnement de ce stratagème.

M. Applebaum, premier maire anglophone de Montréal depuis plus de 100 ans, avait été élu en novembre dernier dans la foulée de la démission de Gérald Tremblay, qui avait dû jeter l'éponge face à des révélations en série incriminant son administration.

A la tête de Montréal pendant 10 ans, M. Tremblay a toujours affirmé son innocence et, bien qu'entendu par la commission Charbonneau, aucune accusation n'a été portée contre lui.

Créée en 2011 à la suite de plusieurs révélations dans les médias, la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction (CEIC, surnommée commission Charbonneau, du nom de sa présidente, la juge France Charbonneau) doit faire la lumière sur les stratagèmes de corruption dans l'industrie du bâtiment et éclaircir leurs liens avec le financement occulte de partis politiques.

sab/via/mdm