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17/06/2013 02:57 EDT | Actualisé 16/08/2013 05:12 EDT

La génération GSP

Il n'y a pas si longtemps, les jeunes rêvaient de devenir le prochain Wayne Gretzky, Michael Jordan. Aujourd'hui, plusieurs rêvent d'être comme leur idole Georges St-Pierre.

Un texte de Justine Boutet

Le reportage sur Tommy « The Machine » Caron est le premier d'une série de deux sur la relève en arts martiaux mixtes. Le premier volet sera diffusé aux nouvelles du sport lundi soir à 22 h 45. La deuxième partie de cette série sera présentée mardi.

Tommy Caron n'est pas un enfant comme les autres. Il maîtrise les projections au sol, les techniques de frappe et possède déjà un vaste répertoire de prises de soumission.

Il a le style. Il a même un surnom. Et il se trouve déjà dans la ligne de mire des commanditaires. Tommy « The Machine » Caron n'a que 8 ans. Il pratique les arts martiaux mixtes depuis l'âge de 3 ans.

« Tommy a toujours aimé se tirailler et s'amuser », explique son père Fred Caron.

Et pourquoi avoir choisi les arts martiaux mixtes?

Fred Caron indique que ce sport l'intéressait, lui, d'abord.

« Si un papa s'intéresse au hockey, il va inscrire ses enfants au hockey, probablement. Moi, les arts martiaux mixtes, ça m'intéressait et j'ai réalisé que ça intéressait aussi Tommy. »

C'est au Centre Sherbatov MMA à Laval que Tommy reçoit ses leçons. Son entraîneur Boris Sherbatov donne des cours d'arts martiaux mixtes aux jeunes dès l'âge de 4 ans.

« Notre centre d'entraînement offre de la boxe et le Muay Thaï, qui sont les méthodes debout, explique Sherbatov. Il y a aussi les aspects au sol, qui sont le jiu-jitsu brésilien et la lutte olympique. Ce sont les quatre sports les plus efficaces pour les arts martiaux mixtes. Nous sommes capables de mélanger les quatre et les apprendre à un athlète. »

Une vraie machine

À 4 ans, Tommy participe à ses premiers combats. Il domine des adversaires plus vieux que lui et récolte une médaille d'or, la première d'un palmarès déjà bien garni.

C'est son père qui lui a d'ailleurs trouvé son surnom.

« Je trouvais qu'il était bon et puis j'ai dit : "Ah, c'est une vraie machine." C'est resté », explique Fred Caron.

Son entraîneur, Boris Sherbatov, est impressionné par son jeune protégé.

« Mon côté strict et sévère, qui est mon côté russe, me dit que c'est comme ça qu'un jeune devrait être s'il veut performer, souligne-t-il. Je peux vous dire que Tommy donne beaucoup. Il est très sérieux dans ses cours. Il m'écoute toujours. Il est toujours à son affaire. J'aime ça. »

Le père de Tommy avoue être un consommateur « modéré » de combats ultimes, qu'il regarde toujours avec son fils. Il soutient que les gens autour de lui réagissent bien lorsqu'ils voient que son fils de 8 ans pratique les arts martiaux mixtes.

« Étonnamment, c'est bien accepté partout. Je n'ai pas eu de mauvais commentaires. Je m'attendais à avoir de mauvais commentaires parce que l'UFC, c'est violent, pis il y a des coups de poing, pis ça saigne. Non! Ce sont des enfants. Ils apprennent les bases et il n'y a personne qui sort du cours le nez brisé », dit Fred Caron.

Tommy s'inscrit à des tournois de grappling, un art qui consiste à forcer son adversaire à abandonner le combat. Pas à l'aide de frappes, mais de clés aux articulations et de techniques d'étranglement.

« Il ne faut pas se le cacher: ils apprennent à se battre, précise Fred Caron. Ils se battent. En même temps, c'est une façon de se battre. Il y a des règles, il y a des prises. Ce ne sont pas deux enfants dans une cage sans protection, qui se rentrent dedans. »

Aux États-Unis, le jeu va plus loin

Au sud de la frontière canadienne, si les coups à la tête sont interdits, les jeunes, dès l'âge de 5 ans, ont droit à un avant-goût des combats ultimes.

Le décor ressemble à celui de l'UFC, les combattants aussi. Et ils sont précoces. Les frères Ruffo, originaires de la Californie, ont commencé à pratiquer les arts martiaux mixtes en même temps qu'ils ont appris à marcher, à 18 mois. Ils représentent l'avenir des arts martiaux mixtes.

Tommy ''The Machine'' Caron peut lui aussi rêver...

« Tant qu'il va aimer ça et qu'il va en faire, je vais le supporter. Et puis nous allons faire le maximum pour qu'il aille le plus loin là-dedans qu'il le puisse », dit son père Fred.

Son entraîneur Boris Sherbatov croit même que Tommy peut devenir le meilleur de sa discipline d'ici une dizaine d'années.

« On ne sait jamais, dit-il. Ça dépend toujours de l'encadrement du jeune. »

Tommy, lui, a déjà sa petite idée : « Je veux me rendre jusqu'à Georges St-Pierre. »

Rien de moins!

Selon l'arbitre d'arts martiaux mixtes Yves Lavigne, plusieurs jeunes regardent Georges St-Pierre et désirent être le prochain.

« Ces athlètes-là qui sont super doués vont choisir les arts martiaux mixtes, au lieu d'aller dans le basketball, le hockey ou dans d'autres sports. Ceux-là, on les attend. Pis ils s'en viennent. Ça va être quelque chose. »

Georges St-Pierre n'a pas à s'inquiéter, du moins, pas pour le moment.

Mais la relève existe. Maintenant, comment peut-elle accéder au sommet?

La réponse mardi.

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