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17/06/2013 08:04 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

La colère des Brésiliens prend de l'ampleur

Au moins 240 000 personnes seraient descendues dans les rues du Brésil, lundi, pour dénoncer la piètre qualité du transport en commun, des services de santé, de l'éducation et de la sécurité, et ce en dépit de la lourdeur du fardeau fiscal, et d'autres manifestations sont prévues mardi.

Il s'agit des plus importantes manifestations à secouer le pays depuis la fin de la dictature en 1985.

Des manifestations essentiellement pacifiques ont été organisées dans huit des plus grandes villes du Brésil. Toutefois, les manifestations de Rio de Janeiro et de Belo Horizonte ont été entachées par des actes de violence et de vandalisme, et des dizaines de personnes auraient été blessées.

Les manifestations ont été inspirées par des images diffusées la semaine dernière et qui montrent les policiers de Sao Paulo maltraitant des manifestants et utilisant des balles de caoutchouc pour disperser une démonstration à laquelle participaient quelque 5000 personnes.

À Rio, la majorité des dizaines de milliers de manifestants qui sont descendus dans les rues de la ville étaient pacifiques. La police a toutefois utilisé des gaz lacrymogènes et des balles de caoutchouc pour disperser les manifestants qui avaient envahi l'assemblée législative régionale, avant de lancer des pierres et des fusées éclairantes aux policiers. Une voiture et d'autres objets ont aussi été incendiés. Un quotidien brésilien rapporte qu'au moins 20 policiers et neuf manifestants ont été blessés à Rio. Un manifestant a été blessé à la jambe par une balle qui aurait été tirée par un policier.

Dans la ville de Maceio, un étudiant de 16 ans a apparemment été atteint d'une balle au visage par un automobiliste qui tentait de se frayer un chemin parmi les manifestants.

À Sao Paulo, la métropole économique du pays, ce sont 65 000 personnes qui se sont rassemblées au coeur de la ville avant de se disperser dans trois directions différentes en scandant des slogans anticorruption dans une ambiance festive. Ils ont aussi dénoncé la hausse de 10 ¢ du coût du transport en commun qui a donné naissance aux premières manifestations, la semaine dernière.

À Brasilia, la capitale, des milliers de manifestants ont marché pacifiquement en direction du Congrès. Quelques fenêtres ont été brisées, mais la police n'a pas dû avoir recours à la force.

Les organisateurs des manifestations ont demandé aux contestataires d'éviter tout acte de vandalisme pour ne pas nuire à leur cause.

À Sao Paulo, la police a promis qu'elle tenterait d'éviter toute violence, mais a prévenu qu'elle devrait intervenir si les manifestants causaient des dégâts.

À Belo Horizonte, la police estime que quelque 20 000 personnes ont manifesté dans le calme avant un match de football entre Tahiti et le Nigeria. Plus tôt, des manifestants avaient érigé des barrières de pneus enflammés sur une autoroute, paralysant la circulation automobile.

La présidente Dilma Rousseff a publié un bref communiqué dans lequel elle reconnaît que des manifestations pacifiques sont légitimes et font partie de la démocratie. Le Brésil perd environ 47 milliards de dollars américains chaque année en raison d'impôts non déclarés et de la corruption. Plusieurs Brésiliens sont furieux de constater que des milliards de dollars en fonds publics sont dépensés pour accueillir la Coupe du monde de 2014 et les Jeux olympiques de 2016, tandis que les améliorations se font rares ailleurs.