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17/06/2013 11:19 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

FMI: la Tunisie fait face à des risques mais n'est pas "la nouvelle Grèce"

La Tunisie, auquel le FMI vient d'accorder son aide, fait encore face à des "risques" liés à la transition politique et à la conjoncture internationale mais ne sera pas la "nouvelle Grèce", a indiqué le Fonds monétaire international lundi.

Début juin, le Fonds a accordé au pays une ligne de crédit de 1,75 milliard de dollars pour soutenir la transition engagée depuis la chute du président Ben Ali en janvier 2011. Les prêts seront débloqués par tranche en fonction du respect par Tunis d'un programme de réformes destiné notamment à améliorer le climat des affaires.

En dépit de "l'engagement solide" des autorités à coopérer et d'une accélération de la croissance prévue cette année (4% contre 3,6% en 2012), le programme fait face à "d'importants risques", écrivent les équipes du FMI dans un rapport publié lundi.

"Les perspectives de croissance pourraient se révéler inférieures aux projections, particulièrement si la conjoncture économique extérieure se dégrade davantage, affectant le tourisme et les transferts d'argent des migrants", indique le rapport.

Frappé de plein fouet par la révolution, le tourisme, qui compte pour 7% du produit intérieur brut et emploie 15% de la population active, reste dans une situation "précaire", note le FMI.

Des "échecs" dans la transition politique pourraient renforcer l'"attentisme" des investisseurs qui pourraient également être découragés par de nouveaux "troubles sociaux" et des "problèmes de sécurité", indique le rapport.

La date des élections générales n'a toujours pas été fixée alors que les tensions politiques ont débouché sur de violents affrontements à Tunis à la mi-mai. Principal moteur de la révolution de 2011, le chômage reste par ailleurs endémique dans le pays.

Pour autant, la Tunisie n'est "pas la nouvelle Grèce", a assuré le chef de la mission du FMI dans le pays, Amine Mati, interrogé sur ce parallèle entre les deux pays lors d'une conférence téléphonique.

"La Tunisie est dans une situation beaucoup plus gérable" et sa dette publique (45,3% du PIB prévus cette année) restera "soutenable" par rapport à celle de la Grèce (plus de 170% attendus), même en cas de recapitalisation des banques qui imposerait de nouveaux coûts budgétaires, a-t-il ajouté.

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