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17/06/2013 03:04 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

De jeunes Rwandais se disent harcelés pour aller se battre avec le M23 au Congo

KAMPALA, Ouganda - Seize étudiants rwandais ont demandé l'asile en Ouganda, affirmant être victimes du harcèlement des autorités de leur pays après avoir refusé de se joindre à un mouvement rebelle congolais qui recruterait des combattants en territoire rwandais.

Ces allégations sont le plus récent signe montrant que le gouvernement rwandais soutient le groupe rebelle M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, ce que le gouvernement du président Paul Kagamé nie avec persistance malgré un rapport de l'ONU qui affirme le contraire.

Les 14 hommes et deux femmes ont affirmé qu'ils s'étaient enfuis du Rwanda le 3 juin pour échapper à des semaines de harcèlement des autorités rwandaises, qui les auraient ciblés pour avoir résisté à un programme de «conscientisation politique» à Butare, à environ 80 kilomètres de la capitale.

Deux des étudiants en fuite ont affirmé en entrevue qu'ils avaient refusé de participer au programme parce que la plupart de leurs amis qui y sont allés n'en sont jamais revenus. Ils affirment que leurs camarades ont été forcés de traverser la frontière et de se battre avec le M23, l'un des nombreux groupes rebelles présents dans la province congolaise du Nord-Kivu.

«Nous leur avons dit que nous étions trop jeunes pour nous joindre au M23 mais ils ne nous ont pas écoutés», a déclaré Moses Mugisha, 21 ans. «Ils nous ont menacés. Nous ne pouvons retourner au Rwanda. Nous avons très peur.»

Les 16 étudiants qui ont refusé de participer au programme «Ingando» ont déclaré que les autorités avaient retenu leurs résultats scolaires pour les punir. En vertu du programme Ingando, des milliers d'étudiants rwandais participent chaque année à ce que le gouvernement appelle des camps de solidarité, où les jeunes apprennent ce que signifie d'être Rwandais.

L'ambassadeur du Rwanda en Ouganda, Frank Mugambage, a refusé de commenter les allégations des étudiants. Dans une entrevue avec des médias publics rwandais, il a affirmé que leurs résultats scolaires avaient été confisqués parce qu'ils ont triché aux examens et les a accusés de faire du chantage.

Un porte-parole de la police ougandaise, Ibn Senkumbi, a indiqué que les autorités ougandaises avaient pris des mesures pour protéger les jeunes Rwandais, même s'il est impossible de vérifier leurs allégations. Ils seront conduits cette semaine dans un camp de réfugiés, a-t-il précisé.