POLITIQUE
17/06/2013 09:05 EDT | Actualisé 17/08/2013 05:12 EDT

Arrestation de Michael Applebaum : Louise Harel et Denis Coderre excluent la tutelle (VIDÉO)

L'arrestation du maire de Montréal, Michael Applebaum, provoque de nombreuses réactions dans le monde municipal où l'idée d'une mise sous tutelle de la Ville est évoquée. Une option que rejette formellement la chef de la majorité au conseil municipal, Louise Harel.

Réagissant lundi matin à l'arrestation du maire Applebaum, Louise Harel a d'entrée de jeu précisé aux journalistes qu'elle excluait toute forme de mise en tutelle de la Ville de Montréal par le gouvernement du Québec, car selon elle, ni la direction générale de la Ville, ni le comité exécutif ne sont impliqués dans cette affaire.

Ce qui signifie, selon elle, que la gestion de la ville n'est en rien compromise, contrairement à Laval, récemment mise en tutelle par Québec, où non seulement le maire Vaillancourt serait impliqué dans un scandale de corruption, mais aussi des membres de l'exécutif de la Ville et de son administration.

Si Québec doit intervenir, selon Mme Harel, c'est seulement pour aider Montréal à trouver une « solution montréalaise » à ce problème tout aussi montréalais.

Sans connaître les faits reprochés au maire Applebaum, Louise Harel a cependant réclamé sa démission, afin de permettre le déclenchement d'un processus de désignation d'un maire par intérim jusqu'aux élections de novembre prochain.

Un processus prévu selon elle dans la charte de la Ville et qui est tout à fait approprié dans la situation étant donné que ni le comité exécutif, ni la direction générale de la Ville ne sont impliqués dans les faits reprochés à Michael Applebaum.

Michael Applebaum doit démissionner le plus rapidement possible, selon Richard Bergeron

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a lui aussi demandé la démission de M. Applebaum, lundi après-midi.

« Nous vivons une autre journée noire pour Montréal. C'est l'histoire d'horreur de 12 années d'administration Union Montréal. On a déjà eu plusieurs épisodes. Celui de ce matin est particulièrement douloureux et malheureusement, ce n'est peut-être pas le dernier », a-t-il dit en point de presse à l'hôtel de ville.

M. Bergeron soutient qu'il faut procéder le plus rapidement possible à la nomination d'un maire par intérim, ce qui avait pris 11 jours l'automne dernier après le départ de Gérald Tremblay.

« Il faut revenir à une transition tranquille qui assure le bon fonctionnement minimal de l'Hôtel de Ville, la dispense des services de base, en reportant toute décision un tant soit peu engageante pour l'avenir à l'après 3 novembre (date de l'élection) », dit-il.

Michael Applebaum doit se regarder dans le miroir, selon Denis Coderre

De son côté, Denis Coderre a invité Michael Applebaum et le gouvernement du Québec à réfléchir.

« Je crois à la présomption d'innocence, mais M. Applebaum doit prendre ses propres décisions, il doit se regarder dans le miroir et décider quelle sorte d'avenir il veut laisser aux Montréalais. Je lui laisse prendre ses propres décisions », a-t-il dit en conférence de presse à Montréal.

Denis Coderre a lui aussi écarté du revers de la main la mise en tutelle de Montréal.

« Il n'est pas question que Montréal soit sous tutelle. Montréal n'est pas paralysée. Certains individus sont accusés, mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même bain. Il y a des gens qui vont continuer à administrer », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le candidat à la mairie ne croit pas qu'il faille désigner un maire par intérim d'ici les élections. Selon lui, la mairesse suppléante, Jane Cowell-Poitras, peut administrer la ville pour les prochains mois.

Un « triste lundi », selon la Fédération québécoise des municipalités

Tôt, lundi matin, le président de la Fédération québécoise de municipalités, Bernard Généreux a évoqué « un triste lundi ».

Précisant dans une entrevue à RDI qu'il attendra de connaître la nature des soupçons et les accusations qui pèsent contre Michael Applebaum avant de se prononcer davantage, Bernard Généreux s'est dit dépassé par l'ampleur des événements.

« Après Montréal, Laval et Montréal à nouveau... Écoutez, ça dépasse l'entendement. » — Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités

Si des accusations étaient portées contre le maire, il pourrait ne plus être apte à diriger la ville selon la Loi permettant de relever provisoirement un élu municipal de ses fonctions sanctionnée le 9 avril 2013.

La loi précise entre autres que : « La Cour supérieure peut, sur requête, si elle l'estime justifié dans l'intérêt public, déclarer provisoirement incapable d'exercer toute fonction liée à sa charge le membre du conseil de la municipalité qui fait l'objet d'une poursuite intentée pour une infraction à une loi du Parlement du Québec ou du Canada et punissable de deux ans d'emprisonnement ou plus. »

Montréal en tutelle?

Questionné sur la possibilité que la Ville de Montréal soit placée sous tutelle jusqu'aux élections de novembre, advenant le cas où des accusations importantes seraient posées contre le maire Appelbaum, Bernard Généreux a répondu qu'il imaginait mal une métropole comme Montréal gérée par une succession de maires par intérim.

« Je pense que le ministre Gaudreault a une décision importante à prendre envers Montréal dans les prochaines heures. » — Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités

À Québec, le gouvernement Marois s'abstient pour l'instant de tout commentaire. Le ministre responsable de Montréal, Jean-François Lisée, a pour sa part expliqué à Radio-Canada qu'il attendait les résultats de la réunion du conseil municipal de Montréal, lundi matin, et les informations de l'UPAC avant de s'avancer davantage sur la question.

Québec a trop tardé, selon l'opposition

Dans les rangs de l'opposition, le député libéral Robert Poëti, porte-parole en matière de sécurité publique, a demandé au gouvernement Marois d'agir promptement dans ce dossier.

Soulignant que le gouvernement péquiste avait à son avis beaucoup trop attendu avant de prendre des mesures à Laval, où la ville a été mise en tutelle. Le député ne s'est cependant pas avancé formellement sur la question de mettre aussi Montréal en tutelle.

« Écoutez, on parle de la métropole. Je pense effectivement que le ministre des Affaires municipales devra bouger et devra appuyer et aider la Ville de Montréal. Je les ai trouvés [le gouvernement Marois] un peu lents. » — Robert Poëti, porte-parole du PLQ en matière de Sécurité publique

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