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16/06/2013 09:45 EDT | Actualisé 16/08/2013 05:12 EDT

L'Égypte nomme 17 gouverneurs, dont des membres des Frères musulmans

CAIRE, Égypte - Le président de l'Égypte Mohammed Morsi a nommé dimanche 17 nouveaux gouverneurs provinciaux, y compris sept membres des Frères musulmans, accroissant ainsi davantage son pouvoir déjà important au sein des branches législatives et exécutives.

Ces nominations surviennent avant l'anniversaire, le 30 juin, de son arrivée au pouvoir, journée où l'opposition égyptienne libérale et séculière prévoit d'importantes manifestations pour réclamer son départ.

L'un des principaux opposants, Mohamed El-Baradei, a déclaré à un groupe d'écrivains, de réalisateurs et d'employés d'opéras en grève, dimanche, que les opposants espéraient que Morsi quitte rapidement le pouvoir, qualifiant son régime «de surréel et absurde».

L'opposition accuse Morsi et ses alliés de tenter de monopoliser le pouvoir et d'installer leurs sympathisants dans toutes les institutions d'État. Les Frères accusent plutôt l'opposition de tenter de renverser Morsi après avoir été battue aux élections.

Au-delà des gouverneurs des Frères, la nomination d'Adel el-Khayat, un membre de la branche politique de l'ex-groupe militant islamiste Gamaa Islamiya, a attiré l'attention.

En 1997, son groupe a revendiqué ce qui est devenu le «massacre de Louxor», où 58 touristes et quatre Égyptiens ont été tués. Depuis, la ville considère les islamistes comme une menace à leur puissante industrie touristique.

Gamaa Islamiya a depuis renoncé à la violence et s'est tourné vers la politique, devenant un allié clé de Morsi. Ses leaders ont menacé de déclencher une «révolution islamique» si les libéraux tentent de renverser le président islamiste.

Les nominations signifient que les Frères contrôlent les gouvernorats de 10 des 27 provinces du pays, leur permettant de consolider davantage leur pouvoir, les gouverneurs jouant un rôle influent dans les ententes électorales.

L'armée et la police dirigent au moins neuf autres provinces, un rappel du renversement du président Hosni Moubarak, lorsque ces deux puissantes institutions ont obtenu une part des autorités provinciales.