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16/06/2013 10:46 EDT | Actualisé 16/08/2013 05:12 EDT

La police turque empêche les manifestants de retourner sur la place Taksim

ISTANBUL - Les forces de l'ordre turques ont eu recours dimanche à du gaz lacrymogène et à des canons à eau pour empêcher les manifestants de retourner sur la principale place d'Istanbul, continuant de privilégier la méthode forte contre les contestataires alors que les partisans du gouvernement s'apprêtaient à se rassembler plus loin dans la ville.

Des policiers en uniforme et en civil ont bouclé la place Taksim et le parc Gezi dimanche matin, quelques heures après que la brigade anti-émeute eut chassé les protestataires des lieux.

Des équipes ont passé la nuit à faire disparaître toute trace du camp de fortune érigé par les manifestants il y a deux semaines qui était devenu le symbole du plus important soulèvement contre le premier ministre Recep Tayyip Erdogan depuis son arrivée au pouvoir il y a 10 ans.

Le gouverneur d'Istanbul, Huseyin Avni Mutlu, a déclaré que la place était interdite au public pour le moment et que les rassemblement n'étaient pas autorisés. Un porte-parole des contestataires a assuré que le groupe reprendrait le contrôle du parc Gezi.

Une nouvelle manifestation sur la place Taksim était prévue plus tard dimanche, mais la zone était étroitement surveillée par la police qui vérifiait l'identité des passants et fouillait leurs sacs. Des milliers de protestataires voulant se rendre sur la place étaient retenus dans les rues adjacentes, noyées dans un nuage de gaz lacrymogène.

M. Erdogan, qui a répété à plusieurs reprises que les manifestations contre lui faisaient partie d'un complot fomenté par des banques et des médias étrangers pour semer le chaos en Turquie, devait prononcer un discours dimanche dans le cadre d'un rassemblement politique à environ 10 kilomètres de la place Taksim.

Lors d'un événement semblable organisé en banlieue d'Ankara samedi, le leader turc avait été acclamé par des dizaines de milliers de partisans alors qu'il prévenait les manifestants que les forces de sécurité savaient comment libérer la place Taksim.

Le soulèvement a commencé par une occupation pacifique contre le projet de redéveloppement du parc Gezi, mais la violente répression des autorités a suscité la colère des protestataires et engendré un mouvement de contestation plus large contre le premier ministre turc, que certains accusent d'être de plus en plus autoritaire dans ses prises de décision.