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16/06/2013 09:39 EDT | Actualisé 16/08/2013 05:12 EDT

Iran : la communauté internationale prête à travailler avec Rohani, Israël maintient la pression

Les pays occidentaux, les États-Unis en tête, ont bon espoir que le nouveau président iranien, Hassan Rohani, considéré comme un modéré, réponde aux attentes concernant le dossier du programme nucléaire. Mais les inquiétudes persistent du côté d'Israël.

La Maison-Blanche a affirmé sa volonté de « collaborer directement » avec Téhéran afin de trouver une solution diplomatique pour amoindrir les inquiétudes de la communauté internationale dans ce dossier.

Scepticisme du côté de l'État hébreu

Le ministre des Renseignements d'Israël, Youval Steinitz, lors d'une entrevue à la radio militaire a indiqué : « l'hypothèse de travail doit être que [le guide suprême, l'ayatollah Ali] Khamenei, qui dirige ce programme depuis 24 ans, continuera à le diriger, et donc à défaut d'une pression incessante sur l'Iran, il n'y a aucune chance de voir des changements significatifs dans la stratégie nucléaire ».

La veille, Israël avait déjà minimisé le rôle du nouveau président en soulignant le rôle de décideur de M. Khamenei, et avait par ailleurs remis en cause implicitement la modération attribuée à M. Rohani.

Volonté de renouer le dialogue avec Téhéran pour la communauté internationale

La diplomatie de l'Union européenne a accueilli favorablement l'élection du nouveau président iranien, se disant « fermement déterminée à travailler avec les nouveaux dirigeants iraniens en vue d'une solution diplomatique rapide à la question nucléaire », par la voix de sa responsable Catherine Ashton. La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont toutes abordé la question du programme nucléaire et l'espoir de nouvelles réformes en Iran.

Le président de la Russie, Vladimir Poutine, dans son message de félicitation au nouveau président iranien, a indiqué qu'il était « confiant que le nouveau président œuvrerait à la prospérité de l'Iran, ami de la Russie, et au resserrement des liens ».

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a « invité l'Iran à jouer un rôle constructif dans les affaires régionales et internationales » dans son message de félicitation à M. Rohani.

Le dossier syrien

La France, dans sa déclaration de félicitation au nouveau président, a fait mention de l'engagement de l'Iran dans le dossier syrien. La Coalition de l'opposition syrienne a appelé pour sa part Hassan Rohani à revoir la position de son pays qui soutient fermement le régime de Bachar Al-Assad. Elle « estime qu'il est de son devoir d'appeler le nouveau président de l'Iran à rectifier les erreurs commises par la direction iranienne » .

Retour sur les élections

Hassan Rohani, soutenu par les camps modéré et réformateur, a obtenu 50,68 % des voix lors d'un scrutin disputé vendredi face à cinq candidats conservateurs. Environ 72 % des 50 millions d'électeurs inscrits ont voté, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Mostafa Mohammad-Najjar.

M. Rohani avait prôné durant la campagne une plus grande souplesse vis-à-vis de l'Occident concernant le dossier nucléaire pour mettre fin aux sanctions ayant plongé son pays dans une grave crise économique.

La presse réformatrice iranienne était aux anges, au lendemain de l'élection. « Le soleil de la modération s'est levé », annonçait le quotidien réformateur Arman quand Etemad évoquait « le salut de l'Iran au cheikh de l'espoir ». Les journaux conservateurs préféraient saluer la confiance dans la République islamique exprimée par les électeurs, qui ont voté en masse.

Les médias commençaient déjà à spéculer sur la composition de son gouvernement, alors que le nouveau président prendra ses fonctions le 3 août. M. Rohani a rencontré samedi soir le président du Parlement Ali Larijani pour discuter de la composition de son cabinet, qui doit être approuvé par les députés, a indiqué le site du Parlement.

Les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime, se sont dits dans un communiqué « prêts à coopérer totalement avec le prochain gouvernement dans le cadre des missions prévues par la loi ». Sous les ordres directs du guide suprême Ali Khamenei, les Gardiens ont acquis ces dernières années un pouvoir économique avec lequel M. Rohani devra composer.

Élections en Iran