NOUVELLES
16/06/2013 11:16 EDT | Actualisé 16/08/2013 05:12 EDT

Faute de passeport, un bébé bosniaque meurt

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche soir devant le Parlement de Bosnie pour dénoncer la mort d'un nourrisson de trois mois qui n'a pu être soigné à temps en Serbie, car il ne disposait pas d'un passeport.

Les manifestants, qui ont déposé des bougies sur le sol et sont restés silencieux, entendaient protester contre l'incapacité des parlementaires à voter une législation sur le numéro d'identité des citoyens.

Depuis le 12 février et l'expiration de la précédente loi, les nouveaux-nés ne sont pas enregistrés par l'état civil et ne bénéficient donc, ni de passeport, ni de numéro de sécurité sociale.

Les parents du bébé décédé ont dû longuement parlementer avec les gardes-frontières serbes pour les convaincre d'autoriser leur enfant à se rendre dans un hôpital de Belgrade pour y subir une intervention chirurgicale.

L'enfant, qui avait été opéré une première fois sans succès à Sarajevo, souffrait d'une malformation entre l'oesophage et la trachée.

Le temps que les parents ont passé à convaincre les gardes-frontières serbes a certainement été fatal. Quand la petite fille est finalement arrivée à l'hôpital de Belgrade,
elle avait contracté une infection et est décédée.

« Nous avons presque dû faire franchir illégalement la frontière à notre enfant alors qu'elle était légalement autorisée à voyager pour des raisons médicales », a expliqué le père Emir Hamidovic.

« Révolution des bébés »

Les manifestations concernant ce problème législatif ont commencé il y a deux semaines lorsqu'un autre enfant de trois mois est décédé car il n'avait pas pu sortir du pays pour être soigné à l'étranger.

Les parlementaires ne parviennent pas à s'accorder sur le découpage des différents districts qui déterminent les 13 chiffres du document identifiant chaque citoyen.

Les dirigeants de la République serbe de Bosnie demandent que la nouvelle loi accorde à leurs citoyens des numéros d'identité différents de ceux des citoyens de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine qui réunit Croates et Bosniaques.

Les deux communautés s'opposent sur des motifs ethniques depuis la constitution du pays en décembre 1995 après une guerre de trois années.

Reuters