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15/06/2013 12:40 EDT | Actualisé 15/08/2013 05:12 EDT

Le modéré Hassan Rohani remporte l'élection présidentielle en Iran

TÉHÉRAN, Iran - Le candidat modéré Hassan Rohani a remporté samedi l'élection présidentielle iranienne grâce à l'appui de nombreux réformistes souhaitant gagner un peu de terrain après des années de répression.

Selon le ministère iranien de l'Intérieur, M. Rohani a recueilli 50,7 pour cent des quelque 36 millions de votes enregistrés lors du scrutin de vendredi, contre 16,5 pour cent pour le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, 11,3 pour cent pour l'actuel négociateur de l'Iran sur la question nucléaire, Saïd Jalili, et 10,6 pour cent pour le conservateur Mohsen Rezaï.

Le ministre de l'Intérieur, Mostafa Mohammad Najar, a indiqué que le taux de participation avait atteint 72,7 pour cent, signe que les réformistes ont apparemment renoncé à boycotter l'élection, qui s'était transformée en affrontement entre les deux principales factions politiques du pays. L'Iran compte 50 millions d'électeurs.

Plusieurs Iraniens ont fait la file pendant de longues vendredi, parfois dans une chaleur suffocante, afin d'exercer leur droit de vote. Les bureaux de votes sont restés ouverts cinq heures de plus afin de permettre à tous les citoyens de déposer leur bulletin.

Le vainqueur devait obtenir au moins 50 pour cent des voix pour éviter un second tour. Les autorités iraniennes ont limité la couverture journalistique du scrutin, notamment en obligeant les reporters à recevoir la permission de voyager à travers le pays. L'Iran ne permet pas à des observateurs étrangers de surveiller ses élections.

Il est peu probable que la victoire de Hassan Rohani donne lieu à une réforme en profondeur du gouvernement iranien. Le pouvoir en Iran repose encore entre les mains de dirigeants religieux et de la puissante Garde révolutionnaire, qui sont responsables de toutes les décisions importantes, dont celles concernant le programme nucléaire iranien et les relations du pays avec l'Occident.

Les forces de sécurité sont aussi étroitement contrôlées depuis l'élection présidentielle de 2009, qui a provoqué de nombreuses manifestations à la suite d'allégations selon lesquelles les résultats auraient été truqués pour permettre à Mahmoud Ahmadinejad d'obtenir un second et dernier mandat comme président.

M. Rohani, qui était aussi le seul religieux de la course, a dirigé le très influent Conseil suprême de la sécurité nationale et a été nommé négociateur de l'Iran sur la question nucléaire en 2003.

Même si son arrivée au pouvoir ne remet pas le système en question, elle pourrait permettre à des voix plus modérées de se faire entendre sur la scène politique iranienne. Le nouveau président a aussi publiquement prôné une plus grande ouverture dans les rapports de l'Iran avec le reste du monde, ce qui pourrait changer la donne dans les relations du pays avec l'Occident.