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15/06/2013 11:15 EDT | Actualisé 15/08/2013 05:12 EDT

La police expulse les manifestants de la place Taksim, à Istanbul

SINCAN, Turquie - La police anti-émeute turque a utilisé des canons à eau et du gaz lacrymogène pour chasser les manifestants de la place Taksim, à Istanbul, samedi, peu de temps après que le premier ministre eut menacé de les expulser de force.

Les contestataires avaient défié plus tôt l'ordre d'expulsion de Recep Tayyip Erdogan, promettant de continuer leur occupation qui a provoqué une vague de manifestations à travers le pays et terni la réputation du leader turc sur la scène internationale.

C'était la première fois en deux semaines que les policiers pénétraient dans le camp de fortune installé par les protestataires dans le parc Gezi, une section de la place Taksim qui est devenu un véritable symbole de résistance national.

Les lieux ont été envahis de fumée blanche alors que des agents avançaient en rangs serrés dans le parc, détruisant les bannières et aspergeant les tentes de gaz lacrymogène.

Selon la chaîne télévisée NTV, les forces de sécurité ont avisé les contestataires qu'ils enfreignaient la loi et les ont sommé de quitter le parc, précisant que c'était le dernier avertissement.

Cette intervention musclée fait suite à un discours prononcé plus tôt samedi par M. Erdogan devant des milliers de partisans rassemblés à Sincan, une banlieue d'Ankara et un château fort de la formation politique du premier ministre, le Parti de la justice et du développement.

«Je le dis très clairement: ou la place Taksim est libérée ou, si elle n'est pas libérée, les forces de sécurité de ce pays vont savoir comment la libérer», a-t-il déclaré devant la foule en liesse.

La violente répression par les autorités turques de l'occupation contre le redéveloppement du parc Gezi a donné lieu à de nombreuses manifestations contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, que certains accusent d'être de plus en plus autoritaire dans ses prises de décision.

L'utilisation par les forces de l'ordre de gaz lacrymogène, de canons à eau et de balles en caoutchouc pour disperser des manifestants pour la plupart pacifiques a alimenté la colère populaire. Cinq personnes, dont un policier, ont été tuées et des milliers d'autres blessées durant les affrontements.

M. Erdogan, qui a été réélu pour un troisième mandat en 2011 avec 50 pour cent des voix, rejettent les accusations et fait valoir qu'il bénéficie de l'appui d'une base solide.

Un second rassemblement progouvernemental est prévu pour dimanche.