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15/06/2013 04:00 EDT | Actualisé 15/08/2013 05:12 EDT

Des attaques à Benghazi causent la mort de six soldats du gouvernement

TRIPOLI, Libye - Des tireurs d'élite installés sur des toits et des attaquants munis de couteaux ont tué samedi matin six soldats dans la ville de Benghazi, dans l'est de la Libye, ont annoncé des responsables, dans le cadre de la plus importante attaque contre les nouvelles forces de sécurité nationales jusqu'à maintenant.

L'attaque, pendant la nuit, de centaines de tireurs habillés en civil contre des installations des forces de sécurité ont obligé les soldats à abandonner certaines de leurs bases. Dans un cas, les troupes ont fui par la porte arrière du quartier général de la Première brigade d'infanterie, alors que les assaillants franchissaient le portail principal, incendiant le bâtiment et deux véhicules militaires.

Des responsables de la sécurité ont précisé que 11 personnes avaient été blessées, dont des attaquants.

Il s'agit du deuxième incident mortel à survenir cette semaine dans la ville. Trente-et-une personnes, majoritairement des civils, ont été tuées il y a quelques jours lors d'une manifestation contre les milices.

Les récentes violences soulignent l'incapacité du gouvernement de mettre fin à une prolifération d'armes après que la guerre civile ayant déchiré le pays pendant huit mois eut permis de déloger le dictateur Mouammar Kadhafi à la fin de 2011. Les événements surviennent également alors que l'État tente de rebâtir ses forces de sécurité et mettre au pas les milices, pour la plupart nées au sein de groupes rebelles ayant combattu les forces de Kadhafi.

Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays, et la première à se soulever contre Kadhafi, a été ébranlée, depuis un an, par de multiples assassinats de responsables policiers et des attaques sur des missions diplomatiques étrangères, y compris le consulat américain, en septembre dernier, où l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains ont trouvé la mort.

Les tensions sont, depuis, particulièrement vives avec les milices, l'armée récupérant plusieurs de leurs bases la semaine dernière. L'armée et la police ont encore besoin des milices pour assurer la sécurité, leur offrant un salaire. Plusieurs de ces milices hésitent toutefois à se placer entièrement sous l'autorité du gouvernement, et affirment que les anciens responsables du régime doivent être congédiés.

Comme lors de précédentes attaques, personne n'a revendiqué la responsabilité des événements de samedi. Le ministère de la Défense a indiqué qu'il faisait enquête, et aucune arrestation n'a été annoncée.

Un porte-parole du Centre de sécurité des opérations conjointes de Benghazi, Mohammed Hejazi, a été cité par l'agence de presse officielle libyenne LANA, affirmant que les six soldats tués étaient membres d'une unité militaire d'élite appelée Saaqa. Il a ajouté que quatre d'entre eux avaient été abattus d'une balle dans la tête par des tireurs d'élite, et que deux autres avaient été «massacrés au couteau», sans donner plus de détails.