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15/06/2013 01:18 EDT | Actualisé 15/08/2013 05:12 EDT

Couillard s'attaque à la souveraineté, un projet d'un autre siècle, selon lui

QUEBEC - Le chef libéral Philippe Couillard a affiché samedi son attachement profond à la «citoyenneté canadienne» et a promis de se battre contre le Parti québécois (PQ) et son «projet d'un autre siècle».

La citoyenneté canadienne «nous rend plus forts (et) jamais nous n'accepterons qu'on en doute», a lancé M. Couillard dans son allocution devant environ 500 militants réunis en conseil général spécial à Québec.

Le mot «Canada» fait un retour en force dans le discours du Parti libéral du Québec (PLQ) depuis l'arrivée de M. Couillard à sa direction le printemps dernier. L'affection pour le Canada est affichée sans complexe.

L'identité québécoise et la citoyenneté canadienne «sont notre coeur et nos bras», a illustré M. Couillard.

«Nous nous battrons, je me battrai pour elles et nous répéterons avec fierté: Notre patrie le Québec, notre pays, le Canada», a-t-il poursuivi, reprenant à son compte une formule célèbre.

Pour bien marquer le pas, le leader du Parti libéral a dénoncé «l'obsession» du Parti québécois à vouloir dépouiller les Québécois de leur citoyenneté canadienne au profit d'un «repli» identitaire.

«On ne peut jamais être sûr des valeurs que le PQ défend, car elles changent de l'opposition au gouvernement. Ce qui ne change pas, c'est leur obsession, la seule chose qui les réunit, c'est leur projet d'un autre siècle, la perte de notre citoyenneté canadienne et le repli», a-t-il déclaré.

Le gouvernement péquiste a été la cible d'attaques bien senties. Ce gouvernement de «bricoleurs» est affligé d'une «mentalité d'assiégés» et de «confrontation», a-t-il noté. Le PQ, selon lui, n'exerce qu'une social-démocratie «de pacotille» et un «progressisme de façade».

À l'opposé, le Parti libéral «est le grand parti progressiste de notre histoire» avec ses valeurs de «tolérance, d'inclusion et de primauté des libertés individuelles».

«Nous sommes le parti de la tolérance et de l'inclusion, nous ne sommes pas un parti de division, le parti du ''nous et eux'' comme le Parti québécois», a souligné le chef du PLQ en anglais pour s'assurer que son message soit entendu par cette communauté.

M. Couillard a aussi donné le change au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui lui a reproché, vendredi, de «dormir au volant».

À la tête d'un parti teinté d'opportunisme, M. Legault ne pourra pas rester éternellement entre deux chaises sur la question nationale, a prévenu le leader du PLQ.

«On ne peut pas rester sur la clôture. Il faut choisir. Notre choix, c'est le Québec, la promotion de notre société et de nos valeurs dans un grand pays, notre pays, le Canada», a-t-il tranché, invitant M. Legault à dire clairement s'il est «en faveur de la séparation du Québec».

M. Couillard s'est donné l'ambition, s'il prend le pouvoir, de faire réintégrer le Québec dans le giron constitutionnel. Le Parti va présenter dans les prochains mois une «position précise» sur cette question, une approche «équilibrée» pour que «notre pays, le Canada, fonctionne mieux qu'il ne le fait actuellement», a-t-il expliqué.

Trois mois après avoir été élu à la tête du PLQ, Couillard espère quitter bientôt les lignes de côté pour faire son entrée à l'Assemblée nationale.

«Je commence à avoir hâte», a-t-il admis d'emblée.

«Si un député devait annoncer, et je n'ai aucune indication de ça actuellement, qu'il y a une place qui se libère au Parlement, je prendrai une décision pour le bénéfice du parti. Mais je considère qu'il est important que je sois à l'Assemblée nationale.»

Le leader libéral s'est défendu de faire pression sur ses collègues pour que l'un d'eux lui laisse sa place dans une élection complémentaire. Il assure n'avoir fait aucune requête en ce sens.

«Jamais je ne demanderai à un député de céder son siège», a-t-il dit.

Quant à la date de la prochaine élection, la fenêtre «la plus propice» demeure celle du printemps mais le parti sera prêt à se lancer dans la mêlée dès l'automne, a indiqué M. Couillard, dissipant la confusion suscitée par ses propos de la veille qui semblaient contredire ceux du chef parlementaire Jean-Marc Fournier.

M. Couillard a aussi voulu remettre le couvercle sur la marmite d'une controverse entourant la décision du Parti libéral de lui payer, en plus de son salaire de 150 000 $ par année, ses frais de loyer mensuels de 1800 $ à Québec. L'information n'avait pas été rendue publique jusqu'à ce qu'un quotidien en fasse sa manchette.

«C'est un appartement de fonction, ce n'est pas ma résidence. Je ne vais pas là pour m'amuser, j'y vais pour rencontrer des gens et les recevoir plutôt qu'aller à l'hôtel. L'alternative pour moi serait l'hôtel et je ne suis pas sûr que c'est moins cher qu'un appartement», a dit celui dont le domicile est à Saint-Félicien.

Ce conseil général spécial d'une journée — le premier présidé par M. Couillard— était l'occasion pour le chef libéral d'engager les militants dans l'opération de «renouvellement» du parti en prévision des prochaines élections générales. Quatre comités ont été mis sur pied pour soumettre des propositions de réforme en matière d'éthique et de gouvernance, de financement, de mobilisation et d'identité.

Pour garder l'attention des militants, les organisateurs du conseil général avaient cru bon confier au populaire animateur Jean-Luc Mongrain la tâche d'animer une activité sur le thème du renouveau.

Les comités soumettront leur rapport au plus tard en février pour le Congrès d'orientation, à moins qu'un scrutin ne vienne bouleverser l'agenda.