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15/06/2013 10:47 EDT | Actualisé 15/08/2013 05:12 EDT

Armes chimiques en Syrie: la Russie remet en question les preuves des É-U

MOSCOU - Le ministre des Affaires étrangères de la Russie a déclaré samedi que les preuves avancées par les États-Unis concernant l'utilisation d'armes chimiques en Syrie ne semblaient pas respecter les critères en matière de fiabilité.

Le président américain Barack Obama a annoncé cette semaine que son administration fournirait du soutien militaire aux rebelles syriens après avoir découvert que le régime de Bachar el-Assad avait eu recours à des armes chimiques dans le cadre de la guerre civile qui déchire le pays.

À Moscou, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé que la Maison-Blanche n'avait donné aucune garantie que ses preuves étaient conformes aux normes établies par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Il a rappelé que les échantillons de sang, d'urine et de vêtements ne pouvaient être considérés comme étant fiables seulement s'ils avaient été prélevés et livrés au laboratoire sous la supervision d'experts de l'OIAC.

L'OIAC est l'organisme indépendant chargé d'appliquer les dispositions de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, qui est entrée en vigueur en 1997. Selon son site Web, la Syrie est l'un des six pays qui n'ont pas signé ou adhéré à la Convention.

En conférence de presse après une rencontre avec son homologue italienne Emma Bonino, M. Lavrov s'est moqué des allégations selon lesquelles le régime Assad aurait utilisé des armes chimiques, soutenant qu'il n'avait pas besoin de recourir à de tels moyens puisqu'il avait de plus en plus l'avantage sur les troupes de l'opposition.

La Russie a bloqué les sanctions proposées par l'ONU contre le gouvernement syrien et a reconnu le mois dernier avoir signé un contrat pour vendre des missiles anti-aériens S-300 à la Syrie.

Le président russe, Vladimir Poutine, et d'autres représentants du Kremlin ont toutefois affirmé que ces politiques ne signifiaient pas que Moscou appuyait Bachar el-Assad.