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14/06/2013 10:40 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

Une nouvelle espèce de poisson est découverte sur le corail des Caraïbes

SAN JUAN, États-Unis - Des scientifiques du Smithsonian Institute des États-Unis ont découvert au moins une nouvelle espèce de poisson sur un corail profond, au large de l'île de Curaçao, dans le cadre d'un projet ayant comme objectif de mesurer l'impact sur la température et la biodiversité des changements climatiques dans les Caraïbes.

La découverte a été effectuée au cours des dernières semaines au sud de cette île néerlandaise, au moment où les scientifiques utilisaient un sous-marin pour plonger à plus de 300 mètres.

La docteure Carole Baldwin, une zoologue du Smithsonian, a expliqué à l'Associated Press jeudi que son équipe examine une trentaine d'autres spécimens de poissons et d'invertébrés qui pourraient aussi être de nouvelles espèces.

«C'est comme un gros lot biologique, a-t-elle dit. Nous sommes à des profondeurs que les scientifiques avaient tout simplement omises.»

Elle affirme que les données récoltées par le projet depuis son début, en août dernier, permettront de surveiller la santé des coraux des Caraïbes et aideront à développer des méthodes pour protéger ces ressources sous-marines.

Les Caraïbes détiennent 10 pour cent des récifs de coraux de la planète et quelque 1400 espèces de poissons et de mammifères marins, mais le réchauffement des océans et la maladie ont décimé plusieurs coraux dans la région. On ne retrouve plus, en moyenne, que 8 pour cent de coraux vivants sur les récifs, contre 50 pour cent dans les années 1970.

La nouvelle espèce de poisson blennie a été capturée avec d'autres poissons à une profondeur d'environ 160 mètres. Elle mesure environ 2,5 centimètres, ses nageoires sont irisées et son corps est orange et blanc.

Les scientifiques comptent retourner à Curaçao en août pour récolter de nouveaux spécimens, quand ils récupéreront un an de données sur la température des océans et la biodiversité dans la région.

«C'est vraiment seulement la pointe de l'iceberg, a dit la docteure Baldwin. Ce genre d'exploration est absolument essentiel.»

Un autre expert, Neil Hammerschlag de l'université de Miami, a rappelé que les scientifiques ne savent presque rien au sujet des récifs profonds, comparativement aux récifs qui se trouvent plus près de la surface.

Quand ils ont débuté leur étude en août 2012, les chercheurs ont placé à des profondeurs allant de 15 mètres à 275 mètres onze thermomètres qui enregistrent la température de l'eau à toutes les heures. Mme Baldwin a expliqué que ces données serviront de point de référence pour mesurer les fluctuations de la température de l'eau à l'avenir.

Les chercheurs ont aussi installé 11 structures artificielles près des récifs pour promouvoir et étudier la croissance du corail. C'est la première fois que de telles structures sont utilisées sur des récifs profonds.

«Nous croyons qu'il y a de bonnes chances que ces récifs profonds soient essentiels à la survie des récifs moins profonds», a dit Mme Baldwin.

Elle a ajouté espérer pouvoir se rendre bientôt, avec d'autres chercheurs, à Aruba et Saba pour explorer les récifs qui s'y trouvent, avant de se tourner vers le nord et l'est des Caraïbes.