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14/06/2013 07:06 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

Un rapport de l'ONU propose une "stratégie intégrée" pour le Sahel

L'ONU invite les pays du Sahel à renforcer leurs systèmes d'alerte, échanger des informations et coordonner leur surveillance des frontières pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé, dans un rapport visant une "stratégie intégrée" pour la région.

Le texte, dont l'AFP a obtenu une copie, a été élaboré par les services de l'envoyé spécial pour le Sahel Romano Prodi et transmis vendredi par le secrétaire général Ban Ki-moon aux 15 membres du Conseil de sécurité.

L'ONU, indique le rapport, veut aider les pays du Sahel à "établir des mécanismes coordonnés pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé afin que police, garde-frontières, armée, douanes (..) travaillent ensemble de manière cohérente et dans le respect des droits de l'homme".

Parmi les nombreuses idées avancées figurent une "réunion régionale des services de renseignement pour échanger des informations sur la menace d'al-Qaïda et de ses affiliés".

L'ONU propose aussi une "aide technique" aux policiers et magistrats des pays concernés et invite ceux-ci à se concentrer davantage sur le financement des activités illégales.

Un des points évoqués est "l'échange d'informations (..) entre les aéroports en Amérique latine, Afrique de l'ouest, Sahel, Maghreb et Europe pour contrer les trafics à la source, à destination et en transit".

"En 2012, dix-huit tonnes de cocaïne d'une valeur marchande de 1,25 milliard de dollars ont transité par l'Afrique de l'ouest et une partie serait passée par le Sahel", souligne le rapport.

Cette vaste "stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel" a l'ambition de s'attaquer à tous les aspects de la crise: amélioration de la gouvernance, lutte contre la criminalité (trafics de drogue, de personnes, d'armes et de cigarettes, blanchiment d'argent) et contre le terrorisme, aide humanitaire à 11,4 millions de personnes menacées par la faim dont 5 millions d'enfants de moins de 5 ans.

"Les problèmes au Mali ne doivent pas être envisagés de manière isolée", explique Ban Ki-moon dans ce rapport. "Etablir une paix et une sécurité durables nécessite une action collective pour traiter les racines de l'instabilité, qui s'étendent bien au-delà des frontières du Mali".

M. Ban se déclare "particulièrement inquiet des liens apparents entre des syndicats du crime impliqués dans le trafic de drogue et des groupes armés actifs dans la région".

"Nous devons nous concentrer simultanément, explique-t-il, sur la sécurité, la diplomatie et le développement (...) y compris les relations avec l'Afrique de l'ouest et le Maghreb".

avz/are

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