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14/06/2013 10:39 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

Les discours rémunérés de Justin Trudeau critiqués

Le premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall ne s'excusera pas pour avoir déclaré que le chef libéral Justin Trudeau devrait rembourser les 20 000 $ qu'il a obtenus pour une conférence sur la littératie à Saskatoon, l'an dernier.

Selon M. Wall, il est inapproprié pour un officiel public d'accepter un salaire pour s'exprimer lors d'un tel événement lorsqu'il est déjà rémunéré pour parler de politiques publiques.

« Je crois simplement qu'en terme de leadership, il s'agit de la bonne chose à faire à ce moment-ci », a-t-il déclaré vendredi, lors d'une entrevue accordée à la chaîne Global TV.

« Justin Trudeau est maintenant un aspirant au poste de premier ministre du pays. Je crois qu'il est erroné pour des députés fédéraux ou provinciaux, pour des élus, de prendre de l'argent pour des discours alors que nous avons déjà un salaire, d'autant plus qu'il s'agit d'organismes caritatifs. Je crois donc qu'une offre de remboursement est la bonne chose à faire. »

Aux dires du chef du Parti saskatchewanais, la conférence, tenue en avril 2012, n'avait qu'un surplus de 7000 $ pour son activité suivante.

M. Wall a par ailleurs souligné, lors de l'entretien, que l'activité avait eu lieu tout juste avant que M. Trudeau ne se lance dans la course à la direction du parti.

Le premier ministre de la Saskatchewan se demande si l'argent récolté a été utilisé pour aider à financer la campagne à la direction de Justin Trudeau.

« Ça ne coûte pas 20 000 $ pour prendre l'avion d'Ottawa à Saskatoon », a-t-il lancé.

Le PLC piqué au vif

Le député Dominic LeBlanc, leader libéral à la Chambre des communes, a demandé que M. Wall s'excuse pour ce qu'il a qualifié d'insulte.

M. LeBlanc a par ailleurs rejeté les allégations financières de M. Wall, affirmant que les sommes recueillies lors de la campagne l'avaient toutes été de façon légale, conformément aux normes d'Élections Canada.

Les libéraux ont également souligné que le chef de cabinet de Justin Trudeau avait contacté le bureau de M. Wall « et nous attendons à des excuses immédiates ».

Une pratique critiquée... même à l'interne

Ce n'est pas la première fois que M. Trudeau fait l'objet de critiques au sujet de rémunérations liées à des discours.

En février, le candidat à la chefferie libérale Martin Cauchon avait lui aussi remis en question le jugement de M. Trudeau qui continuait de toucher des honoraires de conférencier tout en occupant la fonction de député.

M. Cauchon avait notamment affirmé que les discours devant des organismes de charité et autres entités sans but lucratif font partie des tâches régulières d'un député.

Tout en rappelant que de telles pratiques n'étaient pas illégales, M. Cauchon avait émis l'opinion que M. Trudeau avait commis une erreur en acceptant une somme d'argent de la part d'organismes sans but lucratif, et demandé à M. Trudeau de rembourser l'argent qu'il avait reçu.

Par ailleurs, les propos de M. Wall surviennent au moment où circulent des informations selon lesquelles M. Trudeau aurait refusé de rembourser les honoraires que lui a versés la Grace Foundation, un organisme caritatif du Nouveau-Brunswick qui tentait de recueillir des fonds pour une résidence pour personnes âgées.

La Presse Canadienne