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14/06/2013 10:44 EDT | Actualisé 14/08/2013 05:12 EDT

Le PLQ n'est pas pressé de forcer la tenue d'une élection, affirme Fournier

QUÉBEC - L'opposition officielle n'est pas pressée de forcer la tenue d'élections même si elle juge le gouvernement minoritaire de Pauline Marois «sans vision», «sans direction» et «sans leadership».

Dans son bilan de fin de session, vendredi à l'Assemblée nationale, le chef parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a dit vouloir laisser la chance au gouvernement de se ressaisir après neuf mois d'errance.

«On ne se lève pas le matin en se disant: on fait-tu tomber le gouvernement? Ce n'est pas respectueux du choix que les Québécois ont fait. Pour nous, il y eu un message, on n'est plus au gouvernement. (...) Je souhaite que le gouvernement réussisse à se remettre sur la bonne piste. On n'est pas en train de faire des plans pour faire tomber le gouvernement», a assuré M. Fournier, flanqué du leader parlementaire Pierre Moreau.

M. Fournier reproche au Parti québécois au pouvoir de «naviguer à vue», sans cohérence, en mettant en péril le développement de l'économie.

«Depuis le début de 2013, il s'est perdu près de 2000 emplois au Québec alors que 40 000 étaient créés en Ontario et 80 000 au Canada», a-t-il illustré en conférence de presse.

Le chef du parti, Philippe Couillard, brillait par son absence, ayant choisi de participer à un déjeuner-causerie organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Il a toutefois consenti à dire quelques mots sur le bilan de session en marge de cette activité.

«On a un gouvernement qui est hésitant et qui n'a pas de vision cohérente de l'économie du Québec et de la façon de développer l'emploi chez nous», a-t-il résumé.

À gauche pendant toute la dernière campagne électorale, le Parti québécois s'est vite retrouvé prisonnier de son «clientélisme», de ses «promesses irréfléchies» et de ses factions internes, a fait valoir M. Fournier. La générosité promise par le PQ s'est transformée en coupes dans les services, a-t-il soulevé.

L'incertitude entretenue dans les secteurs miniers, gaziers et pétroliers «mécontente tout le monde», a insisté M. Fournier, pointant du doigt la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, une disciple de l'activiste «José Bové et l'illustration de l'antiéconomisme» du Parti québécois.

«Les neuf mois du gouvernement se résument par le recul économique et par des coupures de services aux citoyens. Le PQ doit sortir du déni, reconnaître son échec et admettre son absence de vision. Le Québec a besoin d'une vision cohérente du développement économique et social. Jusqu'ici, le PQ a été incapable de relever ce défi», a-t-il dit.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a réservé ses attaques les plus acerbes pour M. Couillard qui, selon lui, ne mérite pas «la lune de miel» qu'affichent les sondages.

Alors que Jean Charest disait vouloir avoir les deux mains sur le volant, M. Couillard «est en train de s'endormir au volant», a ironisé M. Legault, en conférence de presse.

«La stratégie d'hibernation de Philippe Couillard, qui ne veut pas se prononcer sur rien, qui ne propose aucun changement, qui espère être élu par acclamation, je ne peux pas croire que ça va durer», a dit le leader caquiste, perplexe devant la popularité du chef libéral.

L'état de grâce du chef libéral irrite profondément M. Legault, d'autant plus que sa formation tire de l'arrière dans les sondages. La Coalition est confrontée au «mur de l'indifférence», a-t-il regretté, une situation qu'il attribue au désabusement de l'électorat face à une classe politique discréditée par les scandales.

Dans ce contexte, le message de la CAQ trouve difficilement son public, a admis M. Legault.

«C'est difficile de parler d'économie, de parler de propositions constructives. Il y a du cynisme. Les gens mettent tous les politiciens dans le même paquet, il y a du travail à faire pour aller rejoindre la population. Je pense que ce qui est arrivé avec la Commission Charbonneau, ce qui était arrivé même avec le scandale des commandites, ça n'aide pas l'ensemble des partis. On est plus sur des impressions. (...) C'est difficile de percer le mur de l'indifférence», a-t-il lâché.

La CAQ devra ouvrir les valves au cours des prochains mois en prévision de l'élection générale. Le dépôt du budget au printemps 2014 sera une date cruciale pour déterminer le moment de l'appel aux urnes, a dit M. Legault.