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13/06/2013 09:55 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Les médecins réticents à prescrire de la marijuana

Les médecins posent un diagnostic pessimiste sur les modifications entourant la prescription et la distribution de marijuana à des fins médicales au Canada. Selon la nouvelle réglementation, ce sera bientôt eux qui auront la responsabilité de prescrire cette substance à leurs patients.

Ce changement soulève bien des protestations au sein des associations médicales, qui accusent le gouvernement de vouloir se débarrasser d'un programme qui a déjà fait ses preuves.

Le secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert, est l'un de ceux qui contestent la nouvelle loi. Dorénavant, les médecins ne devront plus seulement confirmer le diagnostic, mais également prescrire la marijuana, une substance qui demeure illégale au Canada. Les médecins, dit-il, s'exposeront à des poursuites criminelles. 

« Si vous [Santé Canada] croyez que c'est un médicament qui peut être prescrit, traitez-le comme n'importe quel médicament! Soumettez-le à des études d'efficacité, de dosage, de sécurité, homologuez-le et nous le prescrirons », insiste-t-il.

L'Association médicale canadienne s'oppose elle aussi à ces changements.

De précédentes ébauches de la nouvelle réglementation demandaient aussi aux pharmaciens de distribuer la marijuana aux patients Or, ceux-ci ont été écartés du processus au dernier moment. La substance, plaidaient-ils, n'a pas été testée selon les normes scientifiques établies.

Un autre son de cloche

Le président de la Société pour l'accès au cannabis médical, Adam Greenblatt, soutient quant à lui que plusieurs médecins ont les compétences pour prescrire la marijuana.

« Je connais personnellement beaucoup de médecins qui sont très familiers avec la posologie, les quantités et les différentes variétés », relate-t-il.

Selon les estimations, le cannabis est utilisé par 400 000 Canadiens afin d'atténuer la douleur de plusieurs maladies, dont la sclérose en plaques et le cancer.

La nouvelle réglementation prévoit également de mettre fin à la production à domicile. Les patients devront s'approvisionner par la poste auprès de producteur accrédité.

Avec les informations de Michel Rochon