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13/06/2013 01:32 EDT | Actualisé 13/08/2013 05:12 EDT

Le FMI enterre la hache de guerre avec le Zimbabwe

Le FMI a fait un pas important vers la normalisation de ses relations avec le Zimbabwe en annonçant jeudi son premier programme d'aide "en plus de dix ans" dans un pays au ban de la communauté internationale et toujours dirigé d'une main de fer par Robert Mugabe.

Le Fonds monétaire international a conclu un accord avec les autorités sur une mission technique qui contrôlera le programme économique du pays jusqu'en décembre afin de "remettre les finances publiques sur une trajectoire soutenable", selon un communiqué.

"Il s'agit du premier accord entre le Zimbabwe et le FMI en plus de dix ans", a indiqué le communiqué, précisant toutefois que ce programme d'assistance technique ne revenait pas pour le Fonds à "cautionner" la politique des autorités.

Le FMI prend également bien soin de préciser que le plan d'aide est purement technique et qu'aucun prêt ne sera accordé au pays qui a frôlé l'expulsion de l'institution en 2006 en raison d'arriérés de paiement.

Fin octobre, le Fonds avait salué l'"engagement réitéré" des autorités de s'attaquer à ce problème mais note aujourd'hui que la question n'est pas encore totalement réglée.

"Le Zimbabwe reste dans l'incapacité d'avoir accès aux ressources du FMI en raison des arriérés de paiement qu'il doit au Fonds", souligne le communiqué.

Selon le site internet du FMI, le montant total des dettes du Zimbabwe à l'égard du Fonds a pourtant fondu et s'élevait fin mai à 125,3 millions de dollars.

Les arriérés continuent également "de priver" le Zimbabwe d'accès à d'autres sources de financement extérieur alors que le pays manque de trésorerie, souligne le Fonds.

Selon le FMI, la dette extérieure du pays aurait atteint 12,5 milliards de dollars en 2012, soit 116,2% de son produit intérieur brut, dont 6,7 milliards d'arriérés.

Même s'il est limité et strictement encadré, ce retour du FMI au Zimbabwe est un nouveau signe d'une légère embellie du pays qui se relève doucement d'une décennie 2000 marquée par une hyper-inflation catastrophique pour son économie.

Cinq ans après une chute vertigineuse de 17,8%, le PIB du pays a progressé de 4,4% en 2012 et devrait "légèrement" accélérer en 2013, selon le communiqué du Fonds.

"Le Zimbabwe a réussi à faire des progrès considérables dans la stabilisation de son économie depuis la fin de l'hyper-inflation en 2009", indique l'institution, qui pointe toutefois les nombreuses fragilités du pays notamment le déclin du prix des matières premières et sa vulnérabilité budgétaire.

Le rétablissement des liens avec le FMI pourrait également amorcer une normalisation politique du pays alors que des élections sont prévues cette année.

"Une réussite (de la mission technique, ndlr) serait une étape importante pour aider le Zimbabwe à s'engager à nouveau avec la communauté internationale", indique le communiqué du FMI.

A la faveur d'une accalmie politique, l'Union européenne a levé fin mars les principales sanctions prises contre les proches du président Mugabe pour dénoncer l'autoritarisme du régime et la répression politique.

Les Etats-Unis attendent des réformes permanentes de "démocratisation" pour en faire autant.

Les élections présidentielle et législatives prévues cette année seront, à ce titre, cruciales mais sont déjà porteuses "d'incertitudes", selon le FMI.

Au pouvoir depuis 33 ans, le président Mugabe a fixé la date des scrutins au 31 juillet, un calendrier aussitôt rejeté par son Premier ministre et principal opposant, Morgan Tsvangirai.

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