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12/06/2013 11:32 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Nucléaire en Iran: le prochain président aura peu de marge de manoeuvre

TÉHÉRAN, Iran - Quelques heures après un débat télévisé sur le nucléaire entre les candidats à l'élection présidentielle en Iran, le ministre des Affaires étrangères s'est invité dans la discussion avec son propre commentaire: rien ne changera, peu importe qui remportera le scrutin.

C'est un fait dans la politique iranienne, où le président est très présent sur la scène internationale, même s'il dispose de peu de pouvoirs sur les grandes orientations politiques du pays, comme le programme nucléaire ou les relations avec les pays occidentaux.

Alors que les six candidats à la présidence bouclaient leur campagne mercredi, le dossier nucléaire et les sanctions économiques internationales qui y sont associées semblaient être le principal défi que le gagnant aura à surmonter.

Les décisions finales relèvent du Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, et de la puissante Garde nationale. Le message était bien clair après le dernier débat électoral de la semaine dernière, quand le ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a remercié les candidats pour leurs «points de vue», tout en soulignant que cela n'aurait «pas d'impact sur les politiques étrangères de l'Iran après l'élection».

Mais le prochain président pourra peut-être exercer son influence dans le ton et les tactiques qu'il emploiera avec la communauté internationale quand les négociations sur le nucléaire reprendront.

Les négociations ont été suspendues jusqu'à la présidentielle de vendredi, mais la communauté internationale pourrait faire pression pour relancer les discussions avant l'entrée en poste du nouveau président, en août.

«En ce qui concerne le programme nucléaire, tout repose sur le style plutôt que sur la substance pour le président iranien», analyse Sami al-Faraj, directeur du Centre d'études stratégiques du Koweït. «Il ne peut dicter les politiques, mais il peut contribuer à les organiser en présentant leur position (des pays occidentaux) au Guide suprême.»

L'un des candidats à la présidence est l'actuel négociateur nucléaire de l'Iran, Saeed Jalili, qui a publiquement endossé une position intransigeante face à l'Occident. «Notre pays ne se soumettra pas à leurs demandes», a-t-il dit la semaine dernière.

Le candidat réformiste Hasan Rowhani, qui a été le négociateur de l'Iran de 2003 à 2005, estime plutôt que l'approche belliqueuse du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, a nui aux intérêts du pays.

«C'est très bien de voir des centrifugeuses (nucléaires) fonctionner, mais seulement si les citoyens arrivent à joindre les deux bouts et si les usines et l'industrie peuvent fonctionner sans problème», a-t-il déclaré lors du débat de samedi. «Tous nos problèmes viennent des efforts que nous n'avons pas faits pour empêcher que le dossier (nucléaire) soit transmis au Conseil de sécurité (de l'ONU).»

Un autre candidat, le maire de Téhéran Mohammad Bagher Qalibaf, a exprimé son appui général aux politiques nucléaires iraniennes, mais n'a pas dit clairement quelle stratégie il suggère pour les futures négociations avec la communauté internationale.

Le ministre des Affaires étrangères a admis que «les tactiques et les méthodes» de l'Iran pour défendre ses «droits nucléaires» pourraient changer.

«Mais la position principale de l'Iran, soit son droit à l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire, n'est pas modifiable», a déclaré M. Salehi la semaine dernière, selon les propos cités par l'agence de presse officielle ISNA.