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12/06/2013 04:31 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

La NSA défend l'efficacité des programmes de surveillance face au terrorisme

Le directeur de la NSA a vigoureusement défendu mercredi les programmes américains de surveillance des communications révélés par un ex-consultant de 29 ans réfugié à Hong Kong, assurant qu'ils avaient permis de déjouer "des dizaines" d'actes terroristes.

L'audition du général Keith Alexander devant le Sénat a débuté quelques heures après la diffusion, par le South China Morning Post, d'un nouvel entretien d'Edward Snowden, dans lequel la "taupe" du Washington Post et du Guardian, assure vouloir rester à Hong Kong pour y "combattre le gouvernement américain dans les tribunaux".

Devant le Sénat américain, le directeur de l'Agence de sécurité nationale (NSA) a fermement défendu ses programmes, rappelant qu'ils étaient strictement encadrés par la justice et le Congrès.

Fidèle à la ligne adoptée par les autorités américaines depuis la révélation de l'ampleur de ces programmes, il a redit à quel point ils étaient essentiels à la lutte antiterroriste américaine: "Il s'agit de dizaines d'actes terroristes que (ces programmes) ont contribué à empêcher (...) ici et à l'étranger", a-t-il assuré, en précisant qu'il espérait rendre public le chiffre exact d'ici une semaine.

Selon l'espion en chef des Etats-Unis, le programme d'interception des communications d'internet baptisé Prism a notamment joué un rôle crucial pour déjouer en 2009 un projet d'attentat dans le métro de New York fomenté par un jeune Afghan, Najibullah Zazi.

"Etant donné la nature de notre travail, bien sûr, peu de personnes en dehors des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire peuvent connaître les détails de ce que nous faisons ou voir que nous fonctionnons tous les jours selon des règles strictes, et que nous rendons des comptes dans le cadre d'un des régimes de supervision les plus rigoureux du gouvernement", a-t-il aussi écrit dans une déclaration déposée devant la commission du Sénat.

Interrogé par la sénatrice Susan Collins sur la véracité des propos d'Edward Snowden, selon qui la NSA dispose du pouvoir de lire n'importe quel courrier électronique à partir d'une adresse, le général a répondu : "Faux, je ne connais aucun moyen de faire cela".

Trois jours après avoir revendiqué au grand jour être la "taupe" à l'origine des révélations sur ces programmes secrets, l'ex-consultant de la NSA est quant à lui revenu mercredi sur l'ampleur de ces programmes.

"Nous piratons les systèmes centraux des réseaux --comme d'énormes routeurs internet, en général-- qui nous donnent accès aux communications de centaines de milliers d'ordinateurs sans avoir à pirater chacun d'entre eux", résume-t-il dans l'entretien accordé au quotidien de Hong Kong, où il est réfugié depuis le 20 mai.

Parmi les cibles de la NSA, des centaines sont visées depuis 2009 à Hong Kong ou en Chine, a affirmé Edward Snowden, qui dit agir notamment pour dénoncer "l'hypocrisie du gouvernement américain quand il assure qu'il n'espionne pas d'infrastructures civiles, au contraire de ses adversaires".

"Je ne suis ni un traître, ni un héros. Je suis un Américain", a déclaré le jeune homme de 29 ans au South China Morning Post, qui l'a interrogé dans un endroit tenu secret à Hong Kong: "Je crois en la liberté d'expression. J'ai agi en toute bonne foi, et je pense que le public a le droit de se faire sa propre opinion lui-même".

"Ceux qui pensent que j'ai commis une erreur en choisissant de me rendre à Hong Kong ne comprennent pas mes intentions. Je ne suis pas ici pour fuir la justice, mais pour révéler des faits répréhensibles", ajoute-t-il encore.

"J'ai eu plusieurs fois l'occasion de fuir Hong Kong, mais je préférerais rester et combattre le gouvernement américain dans les tribunaux", déclare-t-il encore, affirmant ne pas avoir l'intention de quitter Hong Kong "tant qu'on ne lui demande pas de partir".

"Malheureusement, le gouvernement américain harcèle les autorités de Hong Kong pour m'empêcher de continuer mon travail", poursuit-il.

Dans un entretien accordé à la chaîne russe Russia Today, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a de son côté conseillé mercredi à l'Américain de se réfugier en Russie, qui serait prête à examiner une demande d'asile, oou en Amérique du Sud.

"Tout ce que je peux faire (...), c'est espérer qu'il y aura des gouvernements dans le monde qui refuseront d'être harcelés par les Etats-Unis pour persécuter des personnes qui cherchent un asile politique", a pour sa part estimé Snowden.

bur-mdm/jca