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12/06/2013 11:46 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Edward Snowden veut rester à Hong Kong et promet de nouvelles révélations

Edward Snowden a assuré mercredi ne pas vouloir quitter Hong Kong, où il est toujours caché, et a promis de nouvelles révélations sur les programmes américains de surveillance des communications, dans un entretien accordé mercredi au South China Morning Post.

Les révélations de l'ex-consultant de l'Agence de sécurité nationale (NSA), en particulier sur le programme de surveillance d'internet PRISM, devraient par ailleurs être au coeur de l'audition du chef de cette organisation créée pendant la Guerre froide, prévue mercredi après-midi devant le Sénat américain.

Trois jours après être sorti de l'ombre et avoir revendiqué au grand jour être la "taupe" du Guardian et du Washington Post, Ed Snowden a accordé mercredi un nouvel entretien, au South China Morning Post, un quotidien de Hong Kong.

"Je ne suis ni un traître, ni un héros. Je suis un Américain", déclare le jeune homme de 29 ans au journal, interrogé dans un endroit tenu secret à Hong Kong.

Selon le site internet du quotidien, qui a publié mercredi de courts extraits de cet entretien, Edward Snowden leur a fait part "de nouveaux éléments explosifs sur les cibles surveillées" par les Etats-Unis.

"Ceux qui pensent que j'ai commis une erreur en choisissant de me rendre à Hong Kong ne comprennent pas mes intentions. Je ne suis pas ici pour fuir la justice, mais pour révéler des faits répréhensibles", poursuit-il encore.

Après avoir laissé entendre, dans un entretien publié dimanche par le Guardian, qu'il pourrait demander l'asile à l'Islande, réputée selon lui pour soutenir "ceux qui défendent la liberté sur internet", Edward Snowden assure désormais ne pas avoir l'intention de quitter le territoire autonome du sud de la Chine.

"J'ai l'intention de demander à la justice et aux habitants de Hong Kong de statuer sur mon sort. Je n'ai aucune raison de douter de votre système", déclare-t-il, tout en annonçant qu'il se battrait contre toute demande d'extradition des Etats-Unis.

Dans l'entretien, Edward Snowden évoque aussi ses craintes pour sa famille, ajoute le quotidien.

Les révélations de Snowden ont suscité une vague de réactions depuis la semaine dernière, les autorités américaines s'inquiétant de leur côté des "ravages" causés à ces programmes "vitaux" selon eux pour la lutte antiterroriste.

L'Union européenne, très sourcilleuse sur la protection des données, a durci le ton face aux Etats-Unis en leur demandant des clarifications sur cette surveillance d'internet qui vise au premier chef les étrangers --pour lesquels la NSA n'a besoin d'aucun mandat.

Prism permet aux services de renseignement de surveiller en temps réel les données circulant sur les serveurs des grands groupes informatiques comme Google, Facebook ou Microsoft.

Mardi, Google a demandé au gouvernement la permission de publier des informations sur les demandes qu'il reçoit pour ces données, qui lui sont faites au nom de la sécurité nationale, disant n'avoir "rien à cacher".

La puissante organisation de défense des libertés individuelles (Aclu) a pour sa part déposé plainte contre un autre programme massif de collecte de données téléphoniques de l'opérateur Verizon, qu'elle juge anticonstitutionnel.

Pour le directeur général de l'association Human Rights Watch, Kenneth Roth, cette pratique américaine pourrait être vue par d'autres pays "comme un feu vert à leurs propres programmes secrets de surveillance" et entame la crédibilité des Etats-Unis en matière de liberté sur internet.

C'est précisément l'avis du dissident chinois Ai Weiwei, qui a estimé mercredi auprès de l'AFP que les révélations sur les programmes secrets de surveillance américains pourraient encourager la Chine et d'autres pays à accroître leurs propres efforts dans ce domaine.

bur-mdm/jca