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12/06/2013 02:17 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Deux journalistes canadiens détenus pendant plusieurs heures en Turquie

OTTAWA - Deux journalistes de la CBC qui couvraient les manifestations antigouvernementales en Turquie ont été appréhendés par les forces policières avant d'être placés en détention pendant plusieurs heures, mercredi.

Ils ont été libérés au courant de la soirée, a annoncé la CBC.

Sasa Petricic et Derek Stoffel avaient publié sur Twitter des photos et des observations dans le cadre de leur reportage sur les violentes manifestations qui secouent Istanbul, mais le flot d'informations a brusquement cessé peu avant midi.

«Arrêté», a écrit Sasa Petricic, avant de demeurer muet sur Twitter. Puis, peu après 2030, heure de l'Est, le journaliste a écrit sur son compte que son collègue et lui «étaient sortis».

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a réagi en remerciant l'ambassadeur, le gouvernement turc et le personnel consulaire. «Je suis heureux d'apprendre que les journalistes de la CBC ont été libérés à Istambul», a-t-il ajouté.

Plus tôt, en après-midi, la CBC était parvenue à joindre les deux hommes, qui étaient détenus à Istanbul.

«Nous pouvons confirmer que les deux journalistes ont été détenus, mais ils se portent bien», avait alors indiqué Chuck Thompson, porte-parole de la société d'État.

Sasa Petricic et Derek Stoffel ont pu récupérer leur téléphone portable depuis, car des informations rassurantes ont été publiées sur leur compte Twitter respectif.

«Sasa et moi nous portons bien. En garde à vue policière, mais bien. Merci pour les gentils mots. Perdrons nos téléphones cellulaires très bientôt alors bonne nuit», pouvait-on lire sur le compte Twitter de Derek Stoffel.

«Tout est bien jusqu'à présent. Passons à travers un processus byzantin (littéralement). Merci à tous», pouvait-on lire sur celui de son collègue Petricic.

John Baird avait pour sa part écrit sur le réseau social qu'il avait appelé l'ambassadeur turc afin de lui faire part de ses inquiétudes.

Diane Ablonczy, ministre d'État responsable des Affaires consulaires, a affirmé que le gouvernement suivait la situation de près. «Les responsables canadiens sont en contact avec la CBC et ont rencontré les deux journalistes détenus», a-t-elle affirmé.

«L'ambassadeur turc nous a assurés que les deux journalistes sont en sécurité et bien traités, et nous continuerons à assurer une liaison aux niveaux les plus élevés jusqu'à ce que ce dossier soit résolu», a ajouté Mme Ablonczy.

À la Chambre des communes, mercredi, les députés ont approuvé à l'unanimité une motion déposée par le député libéral Bob Rae condamnant l'arrestation et la détention des deux journalistes, et exhortant les autorités turques à «les libérer immédiatement».

La Turquie est secouée depuis environ deux semaines par des manifestations antigouvernementales. Le tout a débuté à Istanbul, alors qu'une manifestation pacifique visant à dénoncer un projet de développement immobilier a été violemment réprimée par les policiers.

La grogne s'est depuis répandue dans plusieurs villes du pays. Il pourrait bien s'agir du plus important test auquel est confronté le gouvernement islamique dirigé par le premier ministre Recep Erdogan depuis son accession au pouvoir, il y a une dizaine d'années.

Selon des militants, environ 5000 personnes ont été blessées ou sérieusement incommodées par les gaz lacrymogènes, et quatre personnes ont perdu la vie dans les manifestations.