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12/06/2013 04:10 EDT | Actualisé 12/08/2013 05:12 EDT

Couillard défend la gestion des contrats qui ont fait l'objet d'«extras»

QUÉBEC - Le chef libéral Philippe Couillard a défendu la gestion de ses prédécesseurs, mercredi, à la suite de la publication d'un rapport révélant que les dépassements de coûts ont augmenté dans plusieurs contrats de services et de construction quand ils étaient au gouvernement.

M. Couillard a notamment fait valoir que le nombre de contrats d'infrastructures avait été en hausse durant cette période, un argument pourtant écarté dans le rapport de la firme Secor-KPMG.

Le gouvernement péquiste avait mandaté le cabinet, en mars, pour la vérification des «extras» octroyés par le ministère des Transports (MTQ), le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) et la Société immobilière du Québec (SIQ), s'ajoutant au coût initial des contrats.

Selon le rapport rendu public mercredi par le Conseil du trésor, la valeur de ces dépassements de coûts de plus de 10 pour cent, survenus en cours d'exécution du contrat, est passée de 70 millions $, en 2009-2010, à 166 millions $ en 2011-2012. Cette somme a légèrement baissé à 145 millions $ en 2012-2013.

Dans le document, Secor-KPMG constate que, depuis 2008-2009, le nombre et la valeur des contrats varient peu d'une année à l'autre. Selon la firme, il est difficile d’imputer l’augmentation des «extras» à une hausse du nombre de contrats accordés.

En point de presse, M. Couillard a néanmoins expliqué que les travaux d'infrastructures étaient en hausse durant cette période. Il a aussi relevé que les dépassements autorisés par le gouvernement péquiste sont équivalents à ceux qui ont été accordés pendant que les libéraux étaient au pouvoir.

«On veut que les contrats soient gérés de la façon la plus rigoureuse possible et c'est le cas pour tous les Québécois, a-t-il dit. Je note également que c'est une période où il y avait beaucoup de travaux d'infrastructures par rapport à la période actuelle où il y a des coupes en investissement en infrastructures. Je note également que dans les quelques mois qui ont passé, le gouvernement actuel a déjà autorisé des dépassements du même niveau que la moyenne des neuf dernières années.»

Selon Secor-KPMG, le nombre de contrats ayant fait l'objet d'un supplément de plus de 10 pour cent est passé de 185, en 2009-10, à 324, en 2011-12. Il s'est établi à 285 pour la dernière année financière complétée le 31 mars 2013, soit environ cinq mois après l'élection du gouvernement péquiste.

Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a accusé M. Couillard de banaliser une culture organisationnelle qui a mené à une explosion des coûts supplémentaires dans les projets au MTQ.

«Le nouveau chef du PLQ prend le tout à la légère, a-t-il dit dans un communiqué. Je trouve l'attitude de M. Couillard consternante et irresponsable.»

La présidente du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Lucie Martineau, a déclaré que le document rédigé par les auteurs de Secor-KPMG démontre la perte d'expertise du MTQ.

«Ils disent de renforcer l'expertise à l'interne pour contrer des déficiences dans la conception des travaux», a-t-elle dit.

Mme Martineau a répété son opposition au projet de création d'agence des transports, le projet de M. Gaudreault.

«Ce n'est pas en créant une agence qu'on va ravoir de l'expertise, a-t-elle dit. Pour avoir de l'expertise, il faut embaucher du monde qui sont experts.»