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11/06/2013 03:09 EDT | Actualisé 11/08/2013 05:12 EDT

Présidentielle en Iran: les réformistes s'unissent derrière un candidat unique

TÉHÉRAN, Iran - La course présidentielle en Iran a perdu un autre candidat mardi, mais a pris une nouvelle tournure avec l'unification des candidats réformistes derrière le modéré Hasan Rowhani, donnant un coup de pouce à sa campagne dont la victoire semblait auparavant improbable.

Les anciens présidents Mohammad Khatami et Akbar Hashemi Rafsanjani se sont rangés derrière M. Rohwani après le retrait de la candidature d'un autre candidat modéré, Mohammad Reza Aref, dans une tentative de regrouper les forces réformistes affaiblies par des années de répression.

Ce développement force les conservateurs à envisager de présenter leur propre candidat unique, au risque de perdre l'élection présidentielle de vendredi.

«M. Rohwani est maintenant le candidat en meilleure position», estime Saeed Leilaz, analyste politique à Téhéran. «Il remportera le scrutin de vendredi.»

Mais les réformistes ont encore des défis à relever. Les partisans de M. Rohwani doivent convaincre les électeurs de se rendre aux urnes plutôt que de boycotter un vote que plusieurs jugent injuste et non libre. Le mois dernier, les autorités électorales iraniennes ont exclu plusieurs candidats potentiels pour n'en garder que huit, la plupart favorables à la théocratie et à l'armée.

Parmi les candidats exclus figure M. Rafsanjani, ce qui a indisposé plusieurs électeurs réformistes pour qui il est le seul capable de défaire les conservateurs. L'ancien président a salué le retrait de la course de M. Aref en faveur de son protégé, Hasan Rowhani.

«M. Rafsanjani était vraiment le seul choix pour les réformistes», explique Rasool Nafisi, analyste de la politique iranienne à l'université Strayer, en Virginie. «M. Rowhani aura leur appui seulement parce qu'il est considéré comme le candidat de M. Rafsanjani, et qu'un vote pour M. Rowhani est un vote pour M. Rafsanjani.»

Hasan Rowhani, un religieux de 64 ans et ancien négociateur nucléaire de l'Iran, rejette l'approche belliqueuse du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, dans les affaires internationales. Il est d'accord avec M. Rafsanjani sur le fait que l'Iran peut à la fois poursuivre son programme nucléaire et apaiser les tensions avec les pays occidentaux.

Même si toutes les grandes décisions en Iran reposent entre les mains des religieux, les liens de M. Rowhani avec M. Rafsanjani, un ancien homme d'État influent, pourraient lui donner plus de latitude pour défendre ses points de vue s'il est élu président.

Mais certains partisans de l'opposition affirment qu'il sont plus intéressés par la candidature d'un gestionnaire compétent comme le maire de Téhéran, Mohammad Bagher Qalibaf, alors que l'économie iranienne souffre des sanctions internationales et d'une mauvaise gestion alléguée.

D'autres candidats conservateurs pourraient également se retirer de la course et se rassembler derrière l'un des leurs, comme l'actuel négociateur nucléaire Saeed Jalili. Si aucun candidat ne se retire d'ici vendredi, Hasan Rowhani devra affronter cinq adversaires, dont M. Jalili.

La loi électorale iranienne prévoit que si aucun candidat n'obtient la majorité au premier tour, les deux candidats ayant obtenu le meilleur score s'affronteront lors d'un second tour.

Le scrutin vise à choisir un remplaçant au président Ahmadinejad, qui ne peut briguer un troisième mandat en vertu de la loi.

Ce sera un test pour l'establishment iranien dominé par les religieux, après la réélection contestée de M. Ahmadinejad en 2009, qui avait été marquée par des manifestations et une violente répression contre les réformistes, dont plusieurs sont toujours en prison.